La concurrence était dure pour les plateformes de financement participatif. Parce que non seulement les défauts de PME ont explosé, mais la France a la particularité d’avoir une part très importante de financement immobilier. Et le retournement de marché a provoqué une crise majeure chez les marchands de biens dont les plateformes expliquaient pourtant que s’ils se finançaient à 12%, il n’y avait pas de risque particulier !
Mais un acteur s’est largement démarqué cette année, une fois de plus : c’est évidemment Bricks. Constant sur le bullshit, l’entreprise de Cédric O’Neill a fait un virage fort après avoir été contrainte par l’AMF d’abandonner son modèle de royalties. L’entreprise a même dû revoir sa structure sociale afin d’éviter les conflits d’intérêts et obtenir son agrément PSFP.
De quoi repartir sur de bonnes bases ?
Heureusement pour les Bullshit Awards : non.
Après 6 mois sans projet, Bricks a lancé deux projets (financés à 7% quand les autres plateformes affichent le double) pour 1,2M€ au Portugal (où une directrice générale avait été nommée l’année précédente) dont le porteur de projet n’est autre… que le frère de Cédric O’Neill. Heureusement, dit l’entreprise, un « comité d’investissement expert » a été nommé pour vérifier la fiabilité des dossiers.
Ouf.
Fin 2023, le comité validait le projet « Appartement Voltaire », un Airbnb à La Ciotat refinancé à 7,5% avec un rendement affiché de… 33,5%, grâce à un porteur de projet qui a multiplié le prix de sa nuit par 365.
Un mois plus tard, un investissement à Paris affichait 25,5% de rendement, puis un 2e 18,6%.
Heureusement que l’année s’est clôturée avec un 3e investissement à Lisbonne du frère pour moins de 600’000€ via 3 coquilles vides sans bilan pour à peine 19% de rendement, sinon j’aurais douté du sérieux du comité.
Note : à quelques semaines près, Mazar échappe à sa nomination pour son rapport qui omet les défauts.
Note 2 : je reviendrai bientôt sur les chiffres réels du secteur, et notamment les retards et défauts.