💥 Zero Bullshit
Épilogue

L’architecture du mensonge

Ces failles ne nuisent pas seulement aux investisseurs individuels, mais à la crédibilité et à la viabilité de l'ensemble du secteur du crowdfunding obligataire. Sans réforme structurelle, c'est toute une filière prometteuse de la finance alternative qui risque de s'effondrer sur ses propres contradictions juridiques.

Si tout ça est très confus et très complexe, c’est tout simplement parce que, comme je le répète depuis bientôt 3 ans : l’intégralité de ce PSFP est un énorme non-sens, qui cause plus de problème qu’il n’en résous :

  • En plaçant la plateforme en énorme situation de conflit d’intérêt où elle est rémunérée sur la collecte, sans intérêt de proposer des bons projets ;
  • En laissant les acteurs gérant leurs procédures d’extinction sans le moindre contrôle ;
  • En n’intervenant jamais sur les communications commerciales erronées voire mensongères, qui ont tantôt minimisé les risques, tantôt fait passer le crowdfunding immobilier pour un investissement en immo, alors que c’est un financement de PME ;
  • En n’offrant aucun cadre au fractionnement immobilier qui « fait avec » en contournant plus ou moins une réglementation non adaptée ;
  • En mélangeant les actifs financiers (obligations et equity notamment) alors que si la méthode de collecte est la même, les enjeux, les risques et la manière de les appréhender n’ont rien à voir ;
  • En autorisant, voire en promouvant, le concept de SPV pourtant abandonné depuis un moment ;
  • En autorisant des accumulations délirantes de frais, parfois côté porteurs de projet, parfois côté investisseurs, rendant la lecture extrêmement floue des risques réels.

Au milieu de tout ça, le lobby des plateformes Financement Participatif France, qui a récemment intégré France Fintech a gravement échoué à sa mission.

  • En étant incapable d’imposer à ses adhérents d’afficher les indicateurs de performance ;
  • En donnant des indicateurs par année, en nombre important, illisibles pour le grand public, avec une opacité totale sur l’évolution des chiffres ;
  • En refusant de clarifier la problématique spécifique du fractionnement immobilier ;
  • En étant incapable de trouver une manière de présenter les résultats du crowdequity ;
  • En laissant proliférer des communications agressives, trompeuses et mensongères qui ont mis en retrait les risques pourtant bien réels ;
  • En acceptant un statut commun pour toutes les plateformes, alors même que leur métier étaient différents ;
  • En ne mettant jamais clairement sur la table la non-adéquation des cadres réglementaires avec les activités des opérations.

Mais heureusement les régulateurs vont taper fort sur la table et condamner, forçant tous les responsables à assumer leur responsabilité.

Non j’rigole.
Evidemment pas.

Parce que comme d’habitude, les réglementations ont surtout été faites pour protéger ceux qui les écrivent. Certes, des gérants ont déjà été condamnés pour des manquements, j’en ai parlé plusieurs fois dans le cadre des SCPI. Mais ces sociétés, globalement sérieuses malgré quelques abus, existent toujours.

L’AMF est actuellement en train d’enquêter. Les rapports vont arriver dans 1 ou 2 ans, possiblement conjointement avec d’autres régulateurs. Les condamnations, si y’en a, arriveront dans 2 ou 3 ans. Les boites n’existeront plus. Y’aura plus un seul euro à aller chercher. Et ceux la plupart des propriétaires, eux, n’auront rien perdu. C’est pas leur pognon qui était en jeu.

Cette situation appelle une réforme urgente du cadre juridique du PSFP.

  • L'indépendance obligatoire : imposer la nomination d'un représentant de la masse totalement indépendant de la plateforme.
  • La responsabilité clarifiée : renforcer le devoir d'information initiale avec une responsabilité claire des plateformes PSFP, ouvrant droit à des actions individuelles en cas de manquement.
  • La séparation des pouvoirs : dissocier clairement les fonctions de sélection, de commercialisation et de représentation.
  • Le contrôle procédural renforcé : systématiser les audits sur le respect des procédures d'émission par les plateformes, notamment concernant les certificats de dépôt des fonds et le respect des schémas juridiques annoncés.
  • La communication sur les risques : obliger les plateformes à expliquer clairement ce dans quoi investissent les investisseurs, et les risques exposés, en sanctionnant les risques cachés ou mis loin des promesses.

Le crowdfunding n’est certes pas mort. Certains continuent à collecter, voire à afficher de belles performances.

  • Enerfip
  • Bienprêter
  • Lendopolis
  • Lendosphere
  • Et peut être quelques autres acteurs plus petits

Considérez que c’est un conseil en investissement (ou pas) si vous le souhaitez. . Et il n’est pas question de mettre au pilori chaque plateforme qui, comme La Première Brique, a subi des pertes (ou bientôt). C’est normal. Un placement à 10% sans risque n’existe pas. Mais si certains ont des pertes à moins de 5% et d’autres à plus de 20%, ce n’est pas un hasard. De même que ce n’est pas un hasard qui les SCPI qui se sont planter en 2023-2025 sont celles des mêmes gérants, sont celles qui ont le plus collecté.

Et tout comme une bonne partie des CGP ont une énorme part de responsabilité pur avoir vendu de la merde pour se gaver en commission, ceux qui ont relayé des plateformes de merde, en pseudo-analysant des projets de merde pour prendre des commissions (de merde) devraient aussi se remettre en cause.

Mais là encore, pas de conclusion. Juste le même constat. Encore une fois.

Depuis que j’ai commencé à écrire, je traite sur des sujets qui mettent en avant des problèmes, alors que mon métier depuis 18 ans, c’est d’apporter des solutions à mes clients.

Voila pourquoi je travaille depuis peu avec un partenaire qui accompagne et finance les litiges financiers, patrimoniaux ou familiaux complexes, au sein d’une structure qui regroupe un pool d’experts (dont moi), adossée à un groupe au capital de plus de 100M€.

Pour être clair : si t’as un litige financier complexe qui peut s’avérer long et couteux, nous pouvons y regarder, et la rémunération ne sera qu’au succès.

Je m’appelle Benjamin Charles, et je fais du conseil en branding, positionnement et création de contenus pour des entreprises de la finance, de l’immobilier et du web3.

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