💥 Zero Bullshit
Chapitre 05

À la recherche du temps perdu

L’activité est peu à peu démantelée, mais ça ne suffit pas à calmer les marchés : l’action perd 90% de sa valeur en 1 an, juste avant que Dexia annonce 3,3mds€ de perte pour 2008.

En mars 2009, alors qu’un plan de restructuration est annoncé, le cours fait -20% en une seule journée.

Pendant un an, Dexia tente de restructurer son activité pour limiter son risque.

Malgré des communiqués tentant de rassurer sur sa santé, l’entreprise sort de la cote fin 2010 et continue d’aggraver sa situation, notamment à cause de la crise de la dette euro.

Fin 2011, Dexia annonce des mesures « visant à stabiliser la situation de liquidité du groupe » selon les mots utilisés par ses communicants sur Wikipédia. La Cour des comptes est plus sévère :

« Le dépôt de bilan de la banque a été écarté en raison des effets considérables que cette décision aurait produits. »

La réalité est plus prosaïque que les doux mots du service comm’ de Dexia : devant la faillite, les états nationalisent la banque et stoppent ses activités. Outre le risque systémique d’une faillite, Dexia se serait massivement endetté jusqu’à possiblement déstabiliser tout le marché obligataire.

  • La banque des collectivités devient Belfius contre 4mds€ de la Belgique ;
  • Les encours français sont repris par la Caisse des Dépôts et La Banque Postale ;
  • La banque luxembourgeoise est vendue à l’État du Luxembourg ;
  • La banque canadienne est vendue à la Banque Royale du Canada ;
  • La gestion d’actifs part chez le Turc DenizBank.

L’idée des états est claire : une gestion extinctive, c’est-à-dire de gérer les 250mds€ de crédit jusqu’à leur terme. Et fermer Dexia.

Montant de la facture :

  • 6,6mds€ pour la France
  • Au moins autant pour la Belgique