💥 Zero Bullshit
Chapitre 08

Une maison pour tous

La singularité de l’approche immobilière de FF14 devient flagrante quand on la compare à celle de ses concurrents. Là où Square Enix a choisi une économie à somme nulle, d’autres mondes virtuels ont fait des choix radicalement opposés.

Dans The Elder Scrolls Online, les maisons sont en libre-service. Depuis 2017, le jeu propose des dizaines de demeures aux styles variés, accessibles à tous sans aucune restriction. Peu importe la demande, un même bien peut être possédé par des milliers de joueurs. Chaque maison existe dans une dimension parallèle, visible uniquement par son propriétaire et ses invités. Une infinité d’espaces privés, mais aucun impact sur la communauté.

Black Desert Online a adopté une logique similaire. Son système immobilier est totalement instancié : chaque bâtiment en ville peut être possédé simultanément par tous ceux qui le souhaitent. Pas de pénurie, pas de compétition, pas de marché spéculatif.

Même World of Warcraft, longtemps réfractaire au housing, s’apprête à sauter le pas avec Midnight, sa prochaine extension. Sans jamais citer FF14, Blizzard a clairement laissé entendre qu’il comptait éviter les écueils de son concurrent. Une maison pour tous, sans loterie, sans spéculation, sans maintenance obligatoire.

Alors pourquoi Final Fantasy XIV s’obstine-t-il à maintenir un système aussi restrictif ? Sur les forums, le débat fait rage. Les partisans du modèle actuel défendent l’idée que la rareté donne de la valeur aux propriétés et permet de créer de véritables quartiers vivants, où l’on croise ses voisins, où chaque maison est unique. À l’inverse, un housing purement instancié pourrait ressembler à une succession de bulles isolées, sans lien avec l’univers du jeu.

Une logique qui fait étrangement écho aux débats contemporains sur l’urbanisme. Faut-il privilégier l’accès universel au logement, quitte à sacrifier la notion de quartier ? Ou maintenir des espaces communs limités, en assumant le risque d’exclusion et de spéculation ?