Créée en 2013, la HATVP fait suite à un énième scandale politique de pouvoir et d’argent, en l’espèce, l’affaire Cahuzac, du nom de ce ministre du budget d’Hollande, notamment chargé de la fraude fiscale, et qui était lui-même un fraudeur.
Une affaire dont il se dit, d’ailleurs, qu’elle pourrait bien rebondir un jour. Parce que parmi les premiers dossiers amnistiés par Cahuzac se trouve celui d’un certain Eric Woerth. Lui-même ancien ministre du budget. Lui-même accusé de plusieurs malversations fiscales et financières. Qui lui-même avait amnisité un dossier… au nom de Cahuzac.
Le rôle de la HATVP est donc de vérifier que les élus nationaux, et les élus locaux de premier plan, n’agissent pas sous l’influence de conflits d’intérêt, et qu’ils ne s’enrichissent pas pendant leur mandat. Cela passe notamment par une analyse des dossiers de chaque ministre avant sa nomination, par exemple, et ça se finit par la publication des fiches sur le site de l’HATVP.
C’est ce qui fait qu’à chaque gouvernement, on a la liste des ministres les plus riches, et que chacun regarde qui a la plus grosse voiture, et la plus belle épargne. Une pratique qui avait fortement déplu à l’ex-ministre de la justice Eric Dupont-Moretti, qui qualifiait de voyeurisme le fait de devoir rendre public ses placements, ses rémunérations diverses et variées, sa collection de montres ou de motos. Mais moins choque son successeur Didier Migaud… qui était à la tête de l’HATVP jusqu’à ce qu’il soit nommé ministre de la justice.