💥 Zero Bullshit
Épilogue

Scène post-générique

Il est possible que tout ne s’arrête pas là. Parce qu’on a appris au cours du jugement que la BAFIN (équivalent allemand de l’AMF) serait intervenue sur le dossier Coya. Et que sa licence allemande pourrait être menacée.

Pas de quoi remettre en cause la vente à GetSafe, qui en possède déjà une, mais peut-être le prix. On n’est plus à une surprise près.

Mais un autre dossier pourrait arriver sur la table : celui des responsabilités.

En tant qu’investisseur dans Unkle, je m’interroge sur le deal qui a été signé avec Luko. En ayant les chiffres aujourd’hui, il parait ÉVIDENT que Luko était, depuis le départ, en incapacité complète de payer cette mensualité.

Soit les personnes qui ont signé ce deal n’ont pas vérifié les chiffres ni la capacité de Luko à pouvoir honorer cette échéance tout juste 12 mois après la signature du deal.

Soit ils ne savaient, mais ont préféré se dire que la levée se ferait dans tous les cas, et que c’était histoire d’obligation c’était juste parce que c’est obligé.

Rien que chez Anaxago, c’est 1,4M€ sur les 12, qui a été levé auprès de particuliers. Il semble acquis qu’ils n’ont clairement pas été protégés ni défendus. Et ce, malgré nombre d’alertes ignorées.

La plateforme est d’ailleurs l’une des seules à proposer du crowdfunding sans communiquer ouvertement sur ses défauts, malgré les recommandations de Financement Participatif France dont elle est adhérente. Il faut longuement chercher pour tomber sur cette page, jamais accessible depuis aucune page du site.

Anaxago n’y communique pas sur ses pertes en equity. Quant à l’immobilier, si les taux de recouvrement entre 2014 et 2020 semblent normaux, on peut s’étonner qu’au 23/11/2023, seuls 11,6% des montants empruntés en 2021 aient été remboursés, 11,4% en 2022 et les chiffres de 2023… ne sont pas affichés.

Pour finir : que penser du rôle des co-fondateurs ? Décrits très négativement par la quasi-totalité des acteurs du dossier (financeurs, journalistes, banquiers, ex-employés, etc.) ils ont eu à cœur de diffuser des chiffres ouvertement faux pendant des années, jusque pendant tout l’été, tout en faisait passer leur vente à la casse pour une belle réussite.

Ce n’est pas grave d’échouer.
Ce n’est pas grave de planter une boîte.
Surtout quand elle a contribué à changer la manière dont l’assurance est souscrite.

Mais on peut se poser la question de la gestion d’une entreprise qui a dépensé sans compter, n’a jamais eu pour objectif de tendre vers la rentabilité, et a joué son existence et les centaines de millions investis sur des coups de poker insensés.

Alors qu’une mandataire judiciaire a été nommée pour suivre le redressement, elle serait parfaitement en droit de creuser l’existence de faute de gestion.

Et donc de rendre les fondateurs-gérants personnellement responsables des dettes.

Je m’appelle Benjamin Charles, et je fais du conseil en branding, positionnement et création de contenus pour des entreprises de la finance, de l’immobilier et du web3.

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