Tudigo liquidée : la reprise gratuite écartée

Le tribunal de commerce de Bordeaux a prononcé la liquidation judiciaire de Tudigo et écarté l'offre de Blast : 100K€ et la gestion gratuite des participations des investisseurs. Pour les 25'000 clients de la plateforme, le suivi devient payant.

Publié le 13 octobre 2026 à 12:37 · Mis à jour le 13 octobre 2026 à 13:05

Tudigo liquidée : la reprise gratuite écartée

Pourtant Blast avait une offre qui semblait solide : 100K€, 5 salariés repris sur 24, et 1,39M€ de frais pris sur ses fonds propres pour gérer gratuitement les 116 SPV par lesquels les investisseurs détiennent leurs startups. La plateforme d'Anthony Bourbon avait l'accord de Lemonway, l'établissement de paiement de la plateforme, et même un courrier favorable de l'AMF. En face, d'autres offres, comme Baltis, plateforme de crowdfunding immobilier, et le gestionnaire d'actifs Magellim proposaient moins, en cash comme en capacité de relancer l'activité.

Sauf que le tribunal a comparé les 100K€ aux 4,5M€ de dettes, puis au 1M€ d'EBITDA que Blast attendait à 3 ans… et a jugé le prix trop bas. L'intérêt de Blast n'avait rien de caché : 25'000 clients potentiels, sur un métier qu'il pratique déjà. Les investisseurs y gagnaient un suivi gratuit des SPV, Blast un plan marketing, tout le monde s'y retrouvait. Le problème, c'est que les investisseurs ne figuraient pas dans le calcul du tribunal, puisqu'ils ne sont pas créanciers de Tudigo. Les créanciers, eux, récupéreront ce que vaut une plateforme fermée. Soit, rien du tout.

Faute de reprise, c'est le plan de continuité d'activité (PCA) de Tudigo qui prend le relais, un dispositif que le règlement européen impose à chaque plateforme agréée. Pour un emprunt qui rembourse normalement, Covalt, proposée comme représentant des obligataires, et 1563, société de recouvrement, prennent 12K€ TTC par an et par emprunt, Capsens, prestataire technique, 1,8% de chaque somme reversée. Tudigo a fait le calcul elle-même : sur 100K€ remboursés dans l'année, les obligataires en touchent 86,2K€. Pour un emprunt en défaut, c'est 19,2K€ par an, après 7,3K€ de frais d'entrée avancés par des investisseurs volontaires, rémunérés 15% par an et remboursés avant tout le monde. Un prêt entre investisseurs, prioritaire sur le capital des autres.

Côté actions, 1563 propose de présider chaque SPV pour 8,4K€ TTC par an, réglés par appels de fonds. Exactement ce que Blast proposait de faire gratuitement. Aucun associé n'est obligé de payer : l'article 1836 du code civil interdit d'augmenter ses engagements sans son accord. Sauf que sans paiement ni volontaire, la présidence du SPV devient vacante au bout de 3 mois.

Mais le PCA négocié par Tudigo n'est pas la seule voie. En cas de rejet, la plateforme a prévu l'élection d'un investisseur volontaire comme représentant des obligataires, ou (et surtout) le choix d'un autre prestataire. Le Collectif OK, association d'investisseurs déjà mobilisée sur Koregraf, autre plateforme de crowdfunding immobilier, applique la même méthode : négocier les tarifs des prestataires, former des investisseurs au rôle de représentant, reprendre des projets. Sur Koregraf, sa pression a suffi à faire rembourser certains promoteurs. Contact : bureau@collectifok.org, et un groupe WhatsApp ouvert pour l'occasion.

Les acteurs cités : TUDIGO

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