18 mars 1961. Un an après le rapt d’Éric Peugeot, son père annonce se porter partie civile dans le procès de ses ravisseurs. En avril de l’année passée, le petit-fils du fondateur du groupe automobile, âgé de 4 ans, avait été enlevé par Pierre Larcher. Quelques jours avant, un grand hebdomadaire lui avait laissé la parole pour expliquer son geste.
À quelques kilomètres de là, Corinne Le Vasseur de Cognée donne naissance à son premier enfant : Arnaud. Née à Boulogne en janvier 1939, Corinne est issue de la bourgeoisie parisienne, mais a coupé son nom pour s’appeler Le Vasseur. Elle est la sœur par alliance de Colette Rousselot, femme du politicien Jacques Duhamel, remariée après sa mort avec Claude Gallimard, fils de Gaston, qui a donné naissance à la fratrie médiatique des Duhamel : Jérôme (marié avec une Servan-Schreiber), Olivier (constitutionnaliste médiatique, marié avec une descendante de Murat, puis la romancière Évelyne Pisier, et donc beau-père de Camille Kouchner), Stéphane (ex-patron de RTL et La Provence) et Gilles (qui a fait carrière en cabinet ministériel, dont celui de Bernard Kouchner). Colette est éditrice aux Éditions de la Table ronde, qu’elle dirige avec sa sœur (et donc sœur par alliance de Corinne), Nadine Bolloré. L’entreprise leur a été léguée par leur beau-père, lui-même descendant direct d’Henri Plon, créateur des éditions du même nom. Et si Nadine porte le nom de Bolloré, c’est parce qu’elle est la seconde femme de Gwenn-Aël Bolloré, ex-PDG des Éditions de la Table Ronde et vice-président de Bolloré, fondé par son frère Michel, lui-même père de Vincent.
Alors oui, c’est un peu long, et l’arbre généalogique ressemble à un buisson, mais ça permet de situer un peu la suite.
Le papa du petit Arnaud s’appelle Jean-Luc. Né en 1928, il est le fils d’un ingénieur fonctionnaire, André (et de Marthe Fourcade dont on ne sait pas grand chose). Nommé à la direction de de l’ONERA1, André amènerait sa famille à Paris en 1940.2 Ce programme, qui existe toujours, est destiné à relancer les recherches aérospatiales de la France. Peut-être que c’est ça qui pousse Jean-Luc à préparer Navale et Supélec, avant d’intégrer finalement la seconde, pour ensuite rejoindre, en 1952, Dassault Aviation.
10 ans plus tard, Jean-Luc est approché par Marcel Chassagny, alors patron de Matra, qui cherche un secrétaire général. Jean-Luc accepte et se fait un nom.
Jean-Luc Lagardère.