L’année suivante, Jean-Luc est nommé directeur général de Matra. Il diversifie massivement le groupe militaire et spatial en y intégrant l’informatique, les automatismes, les télécoms, etc. En 1977, il devient PDG et multiplie les acquisitions, avec des réussites… et quelques échecs.
Arnaud, lui, est au prestigieux lycée Janson-de-Sailly dans le XVIe, un établissement qui a entendu les voix de professeurs comme Stéphane Mallarmé, Maurice Clavel ou Alphonse Aulard. Et qui a vu, pêle-mêle, sur ses bancs les culs de Max Decugis, Pierre Brossolette, Honoré d’Estienne d’Orves, les frères Servan-Schreiber, Claude Perdiel, Léon Zitrone, Roland Garros, Jean Gabin, Jean Marais ou Sacha Guitry, pour les plus anciens. Plus récemment, Serge Dassault (et son fils), Robert Badinter, les frères Debré, Élisabeth Borne, Claude Miller, Marc-Olivier Fogiel, Laurent Fabius, Valéry Giscard d’Estaing, Lionel Jospin, Édouard Philippe, Ernest Antoine Seillière, Vincent Bolloré, Jacques Attali, Philippe Bouvard, Arno Klarsfeld, Michel Polac, Carla Bruni, Richard Berry, François-Marie Banier ou encore Frédéric Mitterrand. (Ouf !)
Quand Arnaud commence ses études, c’est son tonton (à Frédéric, pas à Arnaud) qui arrive à l’Élysée. Matra fait partie des nombreuses nationalisations, mais Jean-Luc arrive à sauver sa casquette. Chirac est nommé Premier ministre en 1986, il milite activement pour un retour au privé.
Entre-temps, Jean-Luc cofonde la banque d’investissement Arjil et Associés, conçue pour financer MMB, l’ancêtre du futur groupe Lagardère. MMB devient actionnaire de référence d’Hachette et commence à lever des fonds pour racheter… Matra. Jean-Luc s’associe alors avec Daimler-Benz (future Mercedes), GEC (future General Electric) et la famille Wallenberg, les magnats suédois propriétaires de Electrolux, Scania, Ericsson et plusieurs banques. Ensemble, ils acquièrent 22 % du capital de Matra.
À la même époque, Jean-Luc fait également entrer Arnaud au conseil d’administration de MMB, pour le préparer progressivement. Pas forcément un génie des études, Arnaud décroche tout de même une maîtrise en économie appliquée et un DEA de politique générale à Dauphine.
La privatisation de Matra est prévue pour 1987… mais le krach de Wall Street (le vrai, pas le film d’Oliver Stone) oblige à reporter l’opération. Finalement, elle se conclut à un prix plus bas, très favorable aux plans de Lagardère.
En 1989, Arnaud est nommé directeur général de MMB. C’est le véritable coup d’envoi de sa carrière au sein de l’empire familial.