💥 Zero Bullshit
Chapitre 13

Arnault et Arnaud

En réalité, une autre figure bien connue avait commencé à faire son entrée un an plus tôt, également conseillée par Nicolas Bazire : Bernard Arnault, autre habitant de la Villa Montmorency. Via sa holding Agache, il acquiert 25 % de Lagardère Capital & Management (LCM) pour 80M€ et, pendant la Grande Discorde, monte à 5 % du capital de Lagardère. De quoi garantir à Arnault 15,19 % des droits de vote.

Mais Arnault n’est pas un inconnu pour Arnaud. Proche de Jean-Luc, il a siégé au conseil de surveillance du groupe entre 2004 et 2012, assistant de près au début des ennuis.

Officiellement again, cette opération s’inscrit dans une histoire d’amitié. Mais beaucoup soupçonnent le patron de LVMH (ainsi que du Parisien et des Échos) de viser les titres prestigieux de Lagardère, notamment le très politique Paris Match.

Entrer à travers LCM est une manière de tenir Arnaud par l’endroit où ça fait mal de se faire tenir, et de prendre une position dans le groupe à moindre coût.

Pendant ce temps, Amber Capital et Vivendi (détenant ensemble 43,5 % des actions) s’associent pour proposer la nomination de quatre membres sur neuf au conseil de surveillance lors de la prochaine AG.

En août 2020, Arnaud provoque une AG extraordinaire, sept mois en avance, pour faire renouveler son mandat avant de perdre sa majorité. Aline Sylla-Walbaum claque la porte du conseil, tandis qu’Yves Guillemot (Ubisoft) refuse de voter.

Vincent Bolloré, de son côté, menace Lagardère d’une OPA, tout en assurant : « Ce n’est pas mon truc », une déclaration ironique face à Guillemot, qui a déjà subi deux raids de Vivendi.