Évidemment, si Arnaud est prêt à lâcher 60K€ / mois pour éviter de publier ses comptes, la raison doit être sacrément sérieuse.
Arnaud contre-attaque en assignant Amber Capital pour harcèlement et diffamation, réclamant 84M€ pour les pertes prétendument subies, notamment suite à l’effondrement du cours.
Enfin, pas Arnaud directement. Lagardère, la société. Une éternelle confusion qui, encore une fois, semble étrange, puisqu’une société attaque ici son propre actionnaire pour le compte… d’un autre actionnaire.
C’est Grégoire Chertok, de Rothschildqui va tenter calmer l’affaire.
Sous pression, Lagardère Capital & Management (LCM) finit par publier ses comptes courant 2020, confirmant ce qui avait déjà fuité depuis plusieurs mois :
Ce prêt a été accordé par le Crédit Agricole, dont l’ancien patron Patrick Valroff était au board de Lagardère, en échange du nantissement de sa participation dans Lagardère alors évaluée à… 190M€. Ce qui explique les ventes régulières de titres, Arnaud étant sommé par sa banque de rembourser.
En 2023, un magistrat estime que plus de 125M€ ont été détournés au bénéfice d’Arnaud.
Face à cette situation, et à un groupe déstabilisé par le Covid, Lagardère cherche du renfort parmi ses alliés. Marc Ladreit de Lacharrière monte au capital, autour de 3-3,5 %. Officiellement, il affirme agir par amitié pour Jean-Luc Lagardère. Officieusement, certains pensent qu’il convoite des titres stratégiques.
Dans le même temps, le voisin montmorencéen d’Arnaud, Vincent Bolloré, entre dans la danse via Vivendi, sur les conseils avisés de Nicolas Sarkozy. De 10,6 % début 2020, Vivendi grimpe à 23,5 % en août, quelques jours avant la publication des comptes de LCM.
Officiellement toujours, il vient soutenir Lagardère.
En réalité, tout le monde sait que Bolloré est proche d’Amber Capital et lorgne sur des actifs stratégiques de Lagardère, notamment Editis. Pire, Bolloré aurait secrètement sollicité l’appui de QIA… via Nicolas Sarkozy.
Malgré tout, Amber échoue à prendre le contrôle du conseil d’administration lors de l’AG du 5 mai 2020. Arnaud sauve sa tête de justesse grâce aux 5 % de la Caisse des dépôts, mobilisés sur ordre de Bruno Le Maire, et au soutien renouvelé de QIA, toujours à la demande du Saint Sarkozy.