💥 Zero Bullshit
Chapitre 09

Il y a de l'orage dans l'air et pourtant

Pendant la guerre, Louis est blessé à Verdun. Avec Armand, ils décident de restructurer l’entreprise. En 1919, ils transforment la banque Courtois en SA au capital de 7M frs, dont 2M d’apport personnel, et le reste issus d’une centaine de relations dans la bourgeoisie locale, qui vont également apporter des clients. La banque s’installe dans l’hôtel Capus au 33 rue des Charles-de-Rémusat, qui restera le siège du groupe jusqu’à la fin.

Armand est président, Louis administrateur délégué. Ils recrutent un ancien de la Société Générale locale. Mais face à la concurrence, ils voient plus grand, et lèvent 3M frs supplémentaires. Même la Banque de France s’interroge : les frères peuvent-ils assumer ce changement d’échelle ?

Pendant une dizaine d’années, la banque Courtois ouvre des dizaines d’agences et absorbe la quasi-totalité des maisons d’escompte du coin. Mais l’économie locale va mal : elle a été dopée artificiellement par d’énormes commandes textiles pendant la guerre. Ceux qui ont fait fortune sont euphoriques et veulent dépenser à tout va : mais Courtois ne peut pas suivre face à cette croissance trop forte. D’autant qu’elle subit de nombreux impayés d’entreprises qui ont trop investi dans du matériel de production pendant la guerre.

À plusieurs reprises, la banque doit se faire refinancer auprès de la Banque de l’Union Parisienne qui va finalement entrer au capital, ce qui lui permet d’éviter de demander l’aide de la Banque de France.

Armand finit par se retirer des activités quotidiennes et laisse tout pouvoir à Louis. Il vire l’ancien directeur et débauche un responsable du Crédit lyonnais. Selon un rapport de la banque de France, c’est en réalité le nouveau directeur qui gère tout, Louis se contentant d’assurer le réseau mondain local. On le voit souvent aux matchs du Stade toulousain, club dirigé par son frère depuis 1910.

La crise de 1929 ne va pas épargner Courtois. En 3 ans, la banque perd 44% de ses dépôts et doit se faire refinancer. Son dernier concurrent historique, Klehe, est absorbé par le CIC. Mais Courtois résiste grâce à son positionnement de niche et traverse finalement les années 1930’s. Quand Franck meurt en 1931, Courtois gère environ 26M frs dont 20M à Toulouse.

La banque traverse une nouvelle guerre. Louis abrite des juifs au sein de la banque Courtois, comme son père avait accueilli des dominicains.