💥 Zero Bullshit
Chapitre 03

La naissance d’une fintech

En 1773, Serres quitte l’entreprise qui devient Courtois et Cie., négociants, permettant de s’associer à son frère Jacques, devenu marchand. L’entreprise déménage de 200m au 6 rue des Couteliers, à deux pas du Capitole.

Tout juste 100 ans après la publication du Code Savary par le contrôleur général Colvert, Courtois l’utilise habilement pour mettre en place des mandats, qui ressemblent à ce qui deviendra le chèque. De même, il rend possible le paiement de facture de ses clients directement au guichet. Il est également l’un des premiers banquiers à autoriser le découvert à ses clients.

À cette époque, le sud-ouest est particulièrement sous-développé par rapport au reste de la France et les avoirs des clients de Courtois sont faibles. D’ailleurs, ces activités ne représentant que 30%, Isaac préférant se concentrer sur les entreprises.

Plutôt prudent, Isaac n’investit par sur les marchés des capitaux à long terme (l’équivalent de titres boursiers et d’obligations de l’époque), à l’inverse de nombre de banquiers protestants de l’époque. Qui feront d’ailleurs fortune avec.

Il entend parler de l’escompte client en Angleterre, et met en place des avances temporaires sur les factures à venir, contre un gage sur les marchandises (l’ancêtre des warrants sur les magasins généraux). Pour se faire, il achète un entrepôt pour y nantir les marchandises, au taux de 0,5% + commission.

Isaac apporte également de la liquidité sur le marché local : il achète des lettres de gages à des négociants qui eux même achètent à crédit des produits de fournisseurs, notamment dans le textile. La force de la banque, c’est la confiance avec ses clients : et ça fonctionne.

Isaac et Français auront deux fils, en 1775 et 1783, mais c’est François (dit Louis), le plus âgé qui va prendre la banque familiale.