💥 Zero Bullshit
Épilogue

Des performances attractives (2/2)

S’il est sans doute vrai que beaucoup ont flairé la bonne affaires, c’est parce que la décote a eu lieu en mars, alors que le fonds a ouvert en octobre. Les marchés étaient déjà repartis, et Bpifrance n’avait en réalité plus aucune possibilité de valoriser autrement son fonds.

Mais était-ce vraiment possible de flairer la bonne affaire ? En réalité, pas tant que ça. Parce que personne n’était au courant de cette décote, puisque les documents remis aux investisseurs ne permettaient pas de savoir de quoi était exactement composé le fonds.

Personne, vraiment ?

2️⃣ 200 salariés Bpifrance ont investi dans BE1

Parmi eux, Nicolas Dufourcq, patron de Bpi. Il explique à Marianne

« J’ai souhaité publiquement que les collaborateurs souscrivent à ce produit. Dès lors, j’ai donné l’exemple et j’ai voulu qu’ils sachent que je le faisais moi-même. »

Et là, la question est plus épineuse. Y avait t’il des gens, parmi les 200 salariés investisseurs, qui savaient qu’au moment de la souscription, il y a avait déjà une plus value latente liée à la décote ?

Marianne poursuit

Pourtant rompus au langage feutré, les magistrats financiers vont loin en évoquant des « risques déontologiques » et même une « responsabilité pénale de Bpifrance ».

Et là, c’est carrément un contresens. Le rapport, page 47, dit ceci :

L’analyse juridique de la banque publique concluait que le risque d’engagement de la responsabilité pénale de Bpifrance et des collaborateurs ayant eu connaissance de l’information est extrêmement faible voire inexistant.

S’il n’exclut pas un problème, dire que les magistrats « vont loin » en supprimant volontairement la fin de la phrase est complètement malhonnête.

Mais alors, y a t’il eu un potentiel délit d’initié (plus qu’une prise illégale d’intérêt), par des salariés ayant investit en connaissant cette décote ? Personne ne répond. Mais difficile d’imaginer que Nicolas Dufourcq n’était pas au courant.

En tout cas, lors de l’ouverture à la souscription de BE2, de nombreux collaborateurs, pouvant avoir des infos sensibles, ont été avertis en direct qu’ils n’auraient pas le droit d’y souscrire.

Sans doute pas de quoi qualifier le problème de scandale d’état. Mais de quoi soulever d’épineuses questions déontologiques.