💥 Zero Bullshit
Épilogue

Buy High, Cry Low

Récapitulons. Wood promettait 40 à 50% de rendements annualisés. La réalité ? ARKK a livré -23% en 2021 pendant que le S&P faisait +27%. Puis -67% en 2022. Un drawdown maximum de 81% depuis le pic. Morningstar a calculé : 14G$ paumés pour la famille ARK, le titre de pire destructrice de richesse de la décennie. Si ARKK a effectivement un peu repris depuis (+21% sur 3 ans), le TRI 10 ans affiche un bien maigre 1,5% et ARKF est toujours 50% en cours de la performance moyenne de sa catégorie.

Les prédictions phares (Tesla à 3000$, Bitcoin à 1,5M$) restent des fantasmes. Le modèle de Wood n'avait visiblement pas envisagé que les taux pouvaient monter, comme pas mal de VC ou de pros de l’immo d’ailleurs. Les institutionnels qui devaient tous adopter la crypto ont surtout adopté SARK pour shorter Wood. Même si le récent sursaut des stablecoins à cause de la réglementation US pourrait effectivement changer (un peu) le donne.

Le massacre du retail suit un script prévisible documenté en direct :

  • Les flux massifs arrivent fin 2020 début 2021, au sommet absolu.
  • Les encours d'ARK explosent de 2G$ à 20G$ en quelques mois.
  • La majorité des investisseurs sont entrés à 150$ et ont vendu à 40$.

Buy high, sell low, le mantra éternel du retail.

La morale pour les professionnels tient en quelques vérités désagréables. Ne jamais confondre récit et process. Même à l’heure où tout LinkedIn explique que rien n’existe sans personal branding. Même à l’heure où le web3 baragouine des narratives auxquels on fit semblant de croire pour cacher des paris, alors que moins de 10 blockchains ont des cas d’usages réels.

Wood raconte une belle histoire sur l'innovation disruptive. Elle a possiblement, même probablement, raison.

Mais à l’image de tout ceux qui démocratisent tout et n’importe quoi, tokenizent tout et n’importe quoi, tout en se battant contre la réglementation qui sera la pire des horaires, elle oublie probablement ce qu’est un vrai produit financier, et comment on le fait.

Les bases sont les mêmes pour tout le même.

  • Diversification ;
  • Gestion du risque ;
  • Communication responsable.

Pourtant Wood continue. Toujours CEO, toujours CIO, toujours à promettre l'impossible. Les « Big Ideas 2025 » sortent encore avec des TAM de dizaines de milliers de milliards.

Certains médias crypto continuent de la présenter comme visionnaire parce que ses prédictions arrangent leur narrative. Un Bitcoin à 1,5M$ valide tous les shitcoins du monde, alors qu’aucun ne démontre l’utile du plus gros token du monde.

Wood reste utile à ceux qui vendent du rêve au retail. Mais elle n’est qu’une Nostradamus de la finance moderne : toujours citée, jamais juste, mais ça n'a aucune importance tant que ça fait vendre.

Pourtant l’innovation doit être financée. Et ce n’est pas simple.

On voit d’ailleurs encore ces jours-ci avec le faux débat autour de Mistral (magistralement clôt par Arthur Mensch au passage) que ce n’est pas simple. Ni sur le financement. Ni sur la fiscalité. Ni sur la réglementation.

Ce qu’on sait, par contre, c’est que répéter des erreurs ne les transforme pas en vérité.

L’homme (ou la femme) providentiel n’existe pas.
La solution universelle n’existe pas.

Acceptons-le.

Et surtout : discutons-en avec nuance.