De son côté Dexia sait aussi faire ses propres mauvaises affaires, avec notamment plusieurs millions d’euros prêtés à Depfa, banque irlando-allemande qui faisait également du crédit aux collectivités. L’établissement finira par faire faillite, et sera l’un des déclencheurs de la crise bancaire irlandaise.
Parce que depuis 2006, l’internationalisation de Dexia est un énorme bordel à la gestion ultra approximative.
Dans le rapport de 2013, la Cour des comptes dézingue le groupe :
« Absence de centralisation des processus, dispersion des activités de marché, vision consolidée imparfaite de la gestion de la trésorerie, défaillances graves dans la gestion des risques de certaines filiales internationales. »
Ambiance.
Après l’été 2008, Dexia doit avouer que c’est la merde.
Ses fonds propres sont passés de 16mds€ à 8,6mds€ en seulement 6 mois
Le titre s’effondre et Moody’s passe sa note à C- : non seulement y’a plus de thunes, mais plus personne veut financer.
Et qu’est-ce qu’on fait quand on est dans la merde, mais que si on coule on fait couler beaucoup de gens ?
On appelle son état !
La Belgique et la France injectent 3mds€ chacun et le Luxembourg 376M€. Mais surtout les états garantissent tous les nouveaux financements à hauteur de 150mds€.
La participation de la France pose grandement question. Outre 1mds€ de l’État et 2mds€ de la Caisse des Dépôts, 445M€ viennent du Fonds d’épargne lui faisant prendre une position très importante, avec une forte exposition au risque. Alors que ce n’est pas son métier.
Mais à toute cette histoire s’ajoutent également 288M€ de CNP Assurances qui fout du pognon… issu des assurances-vie d’épargnants français qui ignorent tout du bordel.
Pour couronner le tout, l’opération de recapitalisation se fait à 9,9€, soit 40% au-dessous du cours de la veille.
Pas vraiment l’opé de l’année…