À l’été 2007, la crise des subprimes débute aux US.
Rien à craindre en France, on est à l’abri.😬
Sauf que… si t’as bien suivi, Dexia avait racheté FSA, le 4e plus gros réhausseur de crédit au monde en 2007, pour 2,7mds$.
Alors, accroche-toi un peu parce que ça devient un peu compliqué. (Note de moi : j’dis ça, mais la moitié des lecteurs connaissent mieux le secteur que moi…)
Le taf de FSA c’est de se porter garant quand quelqu’un demande un crédit. Il doit donc avoir une gestion impeccable, et un triple A des familles. Ensuite, il va lui-même demander du pognon à des gens en faisant croire que c’est pour lui.
C’est-à-dire que celui qui prête de l’argent le fait au rehausseur, et non à l’emprunteur final. Il ignore tout du risque. Et mesurer ce risque, c’est précisément celui de FSA, qui va appliquer une marge sur l’emprunteur final.
En gros : tu payes ton anonymat en louant la réputation d’un mec mieux que toi.
Pour que ça se passe pas trop mal, FSA nantissait des recettes ou des créances de ses clients publics, réputés toujours solvables.
Hyper cool non ?
Ouais.
Sauf que… avec le bordel des subprimes, il a été découvert qu’en fait, pour gagner un peu plus de pognon, FSA avait aussi investi dans des obligations merdiques, et s’était porté garant de créances bien crados.
Début 2008, Dexia doit coller 500M€ dans FSA pour sauver la boite. La banque parle « d’opportunités qui ont émergé »3, alors qu’elle sait pertinemment que la boite va très mal.
Bill Ackman, qui deviendra connu un peu plus tard pour une vente à découvert d’1mds$ sur la faillite d’Herbalife4, parie contre FSA et sur sa faillite. Cela force Dexia à ajouter 5mds€ dans FSA, qui vient de paumer 421M$ rien que sur le T1 2008.