💥 Zero Bullshit
Chapitre 01

L’influenceur malgré lui

Comme il l’a souvent répété, Hakim Benotmane n’est pas vraiment à l’aise avec les réseaux sociaux. C’est d’ailleurs une des remarques qui revenaient souvent parmi les franchisés. Pourtant, mi-2024, Benotmane apparaît brusquement sur internet, à travers ces podcasts.

Mais si, tu sais. Ces fameux podcasts business, où l’hôte invite des mecs en espérant gratter leur audience. Invité qui va dérouler son argumentaire pendant soixante minutes, voire des heeeeeures. Au point qu’on se demande aujourd’hui s’il n’y a pas plus de podcasts business que d’auditeurs.

Son premier passage, Hakim Benotmane le fait sur la chaîne YouTube de Wiss NJ, fondateur d’une petite chaîne de pizzerias, depuis reconverti en businessman dubaïote. Mais si Hakim atterrit précisément chez Wiss… c’est qu’en réalité Wissame Naji a été engagé par Benotmane pour s’occuper de sa communication digitale et de son personal branding. Un contrat payé, qui n’est jamais indiqué ni oralement dans les vidéos, ni dans la description, alors que c’est clairement une publicité. Sur les vingt-et-une dernières vidéos, Benotmane apparaît dans onze, pour une durée moyenne d’une heure.

Extrait de la chaîne YouTube @wissNJ

C’est là qu’il déroule sa fameuse histoire de « 498e fortune de France », du fameux « rachat de Quick » ou encore de la « vente » de Nabab. C’est aussi ce qui permet de retracer ses différentes versions, et donc de montrer à quel point il a, a minima, largement enjolivé la réalité, ou plutôt menti.

Si la mention publicitaire est obligatoire, ce n’est pas pour rien. Parce qu’en face de lui, Naji ne le contredit jamais, et acquiesce sans la moindre vérification, sans la moindre objection.

Note 01/12/2025 8H50 : Wissame Naji précise que la collaboration entre Hakim Benotmane et son agence Influnz s’est arrêtée en avril 2025.

Ce qui, au passage, pose des questions bien plus larges et plus graves. On a déjà ici parlé, par exemple, de Legend, désormais plus gros podcast de France, qui fait de la publicité déguisée en permanence, et qui relaie massivement des produits financiers risqués sans le moindre disclaimer. Ou, plus récemment, le patron d’Altaroc, qui sort de commission des sanctions, et balance les discours habituels pourtant sanctionnés, sans que le podcast Le Game, de Racem Flazi, ne précise qu’il s’agit d’une publicité. Et sans préciser les risques.

Ou encore Nicolas Sarkozy, qui déroule son discours auprès de 4,2M de personnes chez Legend, quelques jours avant son procès, devant un Guillaume Pley qui ne connaît absolument pas ses dossiers. Et que dire de Carlos Ghosn, l’exilé fiscal qui fuit la justice française, mais se pavane tranquilou chez Legend, La Martingale ou, il y a quelques jours, sur RTL, pour donner des leçons business… ou sur l’État de la France qu’il a participé à piller.

Ces extraits de podcasts abreuvent les réseaux sociaux, et notamment TikTok, des plus belles tirades et punchlines qui, dans le cas Benotmane, lui permettent de raconter son histoire sur la longueur, et de la laisser infuser :

  • Il a atteint des sommets avec Nabab ;
  • Il a vendu Nabab ;
  • Donc il est expert en restauration et en business ;
  • Donc il faut l‘écouter.

Sauf que tout a été largement démontré comme faux. Depuis le départ. Et je maintiens, malgré les menaces et pressions de Benotmane, qui a déjà annoncé porter plainte (en espérant pour ses avocats que, pour une fois, ils soient payés).

La réponse arrive à l’été 2024, sous la forme d’une énième publicité déguisée dans les commentaires des vidéos YouTube.

Hakim Benotmane est en train de lancer un club privé, à la manière de celui des Kretz, de Blast ou d’autres du même genre. Les podcasts et les vidéos TikTok n’en sont que le support promotionnel. Et on comprend d’autant plus pourquoi l’absence de mention publicitaire (et de mention du risque) est problématique.