La première fois que j’ai entendu parler d’Hakim Benotmane, c’est en voyant des extraits des innombrables podcasts qu’il a faits récemment. Ces podcasts qui inondent les réseaux sociaux, et dont une agence éclatée a fait un business, peuvent se découper en deux catégories :
Forcément, quand Benotmane est face à Oussama Amar, ça devient la fusion des Super Saiyans, et on atteint des sommets de débilité. Mais le storytelling d’Oussama reste relativement subtil :
Avec finalement peu de divergences entre les versions, puisqu’il y a peu de détails. Si Benotmane peut lui ressembler de loin, son discours est en réalité assez différent.
Dans plusieurs podcasts, il utilise des mots faussement compliqués comme EBITDA ou rescrit fiscal pour montrer que lui connaît. Sauf que quiconque connaît un peu les sujets dont il parle sait qu’il raconte n’importe quoi.
Cela dit, il est vrai que l’histoire d’Hakim Benotmane a été relayée par un certain nombre de médias nationaux et reconnus, alors que les informations sont manifestement fausses, données par Benotmane et jamais vérifiées. Ce qui devrait poser une vraie question éthique à ces médias… qui sont en plus les premiers à avoir réagi à l’affaire Benotmane vs Bourbon en renvoyant les deux sur le même plan, comme si leurs plateformes et leur manière de faire se valaient.
Pour bien comprendre le récit, repartons d’un portrait publié dans Les Échos1 en juillet 2022, qui résume les grandes lignes de l’Évangile selon Saint Hakim :
Et aujourd’hui, la situation est claire, toujours selon Les Échos :
« Aujourd’hui, il n’est plus propriétaire, puisque Nabab Kebab et sa maison mère, FBH Food, sont détenus par un fonds d’investissement anglo-saxon. Ce groupe comprend plus de 200 fast-foods, dont 160 franchises, et réalise 210M€ de chiffre d’affaires. »
Dans une autre interview à la même date3, où il annonce l’ouverture du 200e Nabab, il explique clairement
« J’ai vendu mon groupe fin 2014 avant de le reprendre en 2020, à la demande des actionnaires. »
Toujours la même année, un autre article confirme cette date de 2014 pour la cession « à un fonds d’investissement britannique associé à BNP ».4.
Dans l’absolu, on s’en fout. Zero Bullshit n’a pas vocation à traquer toutes les oussameries racontées dans des podcasts, surtout quand c’est rigolo. Mentir n’est pas un délit.
Sauf que cette prétendue réussite, il l’a utilisée comme d’autres avant lui, pour convaincre des gens d’investir avec lui, sur des montants de plusieurs millions d’euros, dans un club qui sera l’objet d’un deuxième épisode.
Tous les investisseurs à qui j’ai parlé m’ont dit avoir été séduits et rassurés par son histoire.
Tous ceux qui ont remis en cause son récit ont fini insultés et harcelés par Hakim Benotmane.
Et puisque, dans ses stories Instagram, Hakim Benotmane a fait l’éloge du travail d’enquête de Zero Bullshit (en même temps qu’il a proposé de payé mes frais d’avocat, ce qu’il n’a jamais fait), alors enquêtons.
Pour savoir si Benotmane a réellement vendu son entreprise, établissons une méthodologie très simple en cherchant à répondre à trois questions :