💥 Zero Bullshit
Chapitre 06

A base de popopo-swap

Si à l’époque, personne ne sait qui a vendu les titres à Bernard, cette défection de dernière minute, quoiqu’attendue, jette un froid, et donne un sérieux indice.

Mais c’est l’AMF qui donnera la réponse dans son rapport : Nicolas Puech aurait vendu 8,8M de titres aux intermédiaires mandatés par Bernard, avant de les planquer via un instrument financier, des Equity Linked Swap, mis en place par Nexgen (filiale de Natixis en Irlande), Société Générale et Crédit Agricole CIB.

Un ELS c’est un contrat à terme où partie récupère la performance d’un placement en equity contre des intérêts. A la fin, le vendeur file la plus-value à l’acheteur si le cours a monté, sinon l’acheteur paye la diff’. Le dénouement peut être fait en cash… ou en titre.

Mais évidemment, dès le départ Bernard voulait les titres. Et comme il ne les possédait réellement, il n’avait pas besoin de le dire à l’AMF puisqu’il ne dépassait aucun seuil.

Pourtant, les titres ont bien été acquis dès 2001, mais ils étaient bien planqués.

A l’origine, les ELS devaient se déboucler en 2010 ou 2011, mais plusieurs ont été prolongés. Mi-2010, Pierre Dehen qui dirige la holding de Bernard, demande aux trois banques si y’a moyen de récupérer les titres. LVMH mandate Lazard, qui était au courant depuis 2 ans. Deux jours plus tard, Bernard appelle Puech, l’annonce au CA de LVMH, puis à l’AMF pour dépassement des seuils.

Suite au rapport, l’AMF réunit la commission de sanction de file 8M€ d’amende à LVMH pour contourner la réglementation afin de monter en scred au capital d’Hermès.

Sans qu’on sache réellement qui avaient vendu des titres, en dehors de Nicolas Puech.