💥 Zero Bullshit
Épilogue

To the moon

Après des mois d’enquête, il me semble assez clair que l’excuse Covid ne tient plus. Parce que la chronologie est assez limpide :

  • 2015-2018 : le groupe se développe en empruntant beaucoup.
  • 2019 : certaines activités montrent des signes de faiblesse.
  • 2020 : le groupe prend de plein fouet le Covid.
  • 2021 : plutôt que de se stabiliser, le groupe cherche à investir massivement dans les sociétés logées dans RX Venture, alors qu’il est en train de faire défaut sur certaines dettes logées dans Group Clav, qui concernent pourtant la même activité, dans les mêmes locaux.
  • 2022 : les levées sont dès lors destinées à financer des projets qui n’ont aucun sens, alors que tout est déjà en train de s’effondrer.

Forcément, la question de la qualité des due diligence se pose sérieusement.

On peut accorder à Raizers le bénéfice du doute pour un financement en 2020. Certes, cela concerne un restaurant, en plein Covid, mais il n’est pas impossible que la situation réelle des restaurants n’était pas encore claire, et il apparaît établi que des faux documents ont été utilisés.

On peut donner le bénéfice du doute également à SquareStones, dont les investisseurs vantent le travail, et qui, en novembre 2021, a également été dupé sur le bail et n’avait pas connaissance des retards qui commençaient.

On pourrait même faire de même avec Tudigo, qui accorde quelques mois plus tard un premier financement. Mais comment expliquer la petite dizaine qui va suivre, pour près de 10M€, soit un quart de la collecte de Tudigo Immo ? Interrogé à l’époque de ma première newsletter, Stéphane Vromman me répondait ceci :

« Pour les sujets spécifiques que tu évoques, il faut être très prudent car nous citons des personnes et des acteurs. Je peux te confirmer que sur ces sujets, les diligences nécessaires ont été faites et préciser au passage qu’en notre qualité de CIP, nous n’avions pas accès au Fichier National des Interdits de Gérer. Je ne sais pas si c’est une information qu’il est légal de dévoiler publiquement. »

Force est de constater que c’est faux. Parce qu’avec le temps passant en 2022, comment était-il possible d’ignorer les difficultés croissantes des restaurants ? Les retards qui s’accumulaient, notamment sur Raizers, ce qui était facilement vérifiable. Quant à l’interdiction de gérer de Laurent Villa, il suffisait de deux clics sur Pappers (je ne sais pas ce qu’on ferait sans eux…), pour voir que Laurent Villa avait trois anciennes procédures collectives, et que dans celle de Play Distribution, une interdiction de gérer était mentionnée.

La fiche de Laurent Villa sur Pappers.

Ce qui, comme je l’ai plusieurs fois dit, ne suffit pas à disqualifier Laurent Villa à vie de toute gestion ou de tout financement. Mais qui aurait dû, a minima, provoquer un approfondissement du sujet. De même que les signaux faibles sur les restaurants, et l’absence évidence due diligence sur les sociétés mères.

Il faudra, un jour, que les plateformes et les intermédiaires comprennent que distribuer du rendement ne les exonère pas de rendre des comptes.

Et que les régulateurs leur rappellent que l’immunité n’est pas un business model.