💥 Zero Bullshit
Chapitre 07

Another Brick in the Wall

Ce type de situation finit par démotiver pas mal de fondateurs de startups, dont Thierry Vignal. Pas uniquement parce qu’il a baissé son salaire, mais aussi parce qu’il est endetté à titre personnel pour lancer Masteos.

C’est aussi le modèle des dirigeants, qui sont intéressés sur leurs parts plutôt que leurs salaires.

Sauf que ses parts valent… à peu près rien.

Pour comprendre pourquoi, il faut entrer dans une notion un peu technique : la liquidation preference liquid pref / LP).

Pour faire simple, il s’agit d’une garante financière de certains investisseurs sur les autres qui leur permet d’être prioritaires en cas de vente.

Tant que la LP n’est pas atteinte, les autres ne perçoivent rien.

Dans le cas des fondateurs de Masteos, le « mur » de LP est de 64M€. C’est-à-dire que si l’entreprise était vendue moins, alors ils ne percevraient pas le moindre euro sur leurs parts, quand même bien ils restent les plus gros actionnaires.2

Ce tabou semble être énorme dans l’écosystème, alors que tout le monde est au courant. D’autant que la plupart des fondateurs (contrairement à Cédric O) ne cash out pas lors des levées, parce que c’est souvent mal vu.

Pourtant, dès lors que la valorisation réelle s’éloigne de la valorisation du tour, le mirage des millions de cash out se dissipe face au mur de liquid pref. Et selon un avis partagé par beaucoup, les valorisations 2020-2022 sont tellement délirantes, qu’il n’y a aucune chance pour que ces entreprises la retrouvent un jour.