Une fois la rupture consommée, il devient difficile de faire la part des choses. Le bloc des employés, remarquablement soudés, fait face aux deux associés. Quand plusieurs employés envoient un recommandé pour dénoncer leurs impayés, leurs boîtes, e-mails sont supprimés. La direction parlera d’un problème avec l’ex-CTO, puis d’un ancien employé « licencié pour faute grave » qui aurait déjà hacké le site internet. La personne accusée s’en défend fermement. Les salariés parleront de vengeance. Pareil pour des serrures de bureaux récemment changées alors que des affaires personnelles étaient à l’intérieur.
Rapidement se pose la question du droit et de la morale.
Peut-on arrêter de payer ses employés quand on n’a plus d’argent ?
Peut-on partir avec son ordinateur pour couvrir son salaire impayé ?
Peut-on considérer comme absent un employé qui ne se rend plus au bureau parce qu’il n’est pas payé depuis des mois ?
Pourtant, ce sont ces points précis qui ont été abondements diffusés et commentés sur les réseaux sociaux.
Mi-juillet, le compte Instagram Balance Ta Startup diffuse quelques témoignages, puis les compile dans une publication likée près de 1'800 fois.
De son côté Nanaba ne nie pas sa responsabilité. Les associés disent assumer pleinement leur incapacité, et leur tort, à ne pas pouvoir payer les salaires. Mais face au nombre gigantesque de messages, insultes et menaces, ils décident de fermer les comptes Instagram et LinkedIn. Ils ne s’interdisent pas de communiquer dans les jours à venir, mais quand ça sera plus calme.