Ces nombreuses affaires de délits d’initié ou de manipulations de cours doivent poser clairement la question des KYC. Et, derrière elle, mettre sur la table ce débat qui va rappeler qu’il y a des convictions idéologiques irréconciliables.
Parce que non, il n’y a pas de juste milieu.
Et non, la neutralité n’existe pas.
La neutralité n’existe pas pour un journal, où chaque article a un angle, et contient les informations que le journaliste a décidé d’y mettre, et celles qu’il a décidé de ne pas y mettre.
La neutralité n’existe pas non plus pour un gouvernement, même si on lui colle des étiquettes techniques, de société civile ou encore moins militaires (et encore moins pendant une crise politique) parce qu’il doit faire des choix qui ne sont pas compatibles avec d’autres.
Certes, le clivage gauche-droite tel qu’on l’a connu n’existe plus vraiment. Non pas parce que les frontières idéologiques seraient devenues poreuses et nuancées, mais parce qu’il faudrait plutôt adopter un diagramme libertarien/conservateur sur les sujets économiques et sociaux.
Alors, on se rendrait compte que LFI et le RN sont économiquement proches et socialement opposés. Que le RN et Reconquête sont socialement proches mais économiquement opposés.
Ce n’est pas grave.
Mais cela appelle à urgemment avoir une autre grille de lecture.
Et le débat est le même sur la réglementation financière.
Il y a 2 éditions de cela, j’expliquais longuement comment la finance traditionnelle était en train, notamment en privatisant la monnaie et en financiarisant tout et n’importe quoi, de détruire l’esprit même de Bitcoin et de la blockchain.
Ce mouvement s’accompagne d’un lobby extrêmement fort de l’écosystème crypto, soutenu (et financé) en scred par plusieurs lobbies bancaires, afin de permettre sur la blockchain ce qui n’est pas (plus) permis dans la finance traditionnelle.
Mais n’oublions pas l’Histoire.
Donc oui, la réglementation est contraignante.
Elle est parfois trop complexe et mal pensée.
Mais elle ne sort pas de nulle part.
C’est d’autant plus vrai que, systématiquement, c’est le retail qui finit par payer, que ce soit par les pertes de gérants qui seront compensées en frais tout en rémunérant leurs intermédiaires, ou en servant de liquidité aux gros poissons. Je pense d’ailleurs qu’on peut parier sans trop prendre de risque (pour une fois) que le prochain scandale de pertes, qui se compteront en dizaines de milliards, tournera autour du private equity, qu’on est en train de démocratiser dans tous les sens, mais rarement dans le bon.
Les exemples ne manquent pas.
Plus personne ne peut dire qu’il ne savait pas.
Il est grand temps d’arrêter de ouin-ouiner sur la réglementation pour ses propres intérêts, et de se rappeler que l’épargne, et plus largement la finance, doit être au service de ceux qui investissent.
C’est ça qui doit guider nos choix.