Il y a quelques jours, un ami m’envoie un article des Echos investir.
« Immobilier : dois-je vendre mes parts de SCPI en cas de perte de valeur ? »
Une dame explique avoir une perte latente de 60’000€ sur une SCPI BNP qui affiche un joli -17% (en plus des frais d’entrée), et se demande si elle doit vendre. En quelques phrases, et sans écrire les 3 lettres, le journaliste répond que non.
Mais c’est moins l’article que celui qui était conseillé en dessous qui m’a amusé :
Une belle réclame pour Les Corbeilles 2023. Alors pour les néophytes qui passent par là, Les Corbeilles c’est pas les placements qu’il faut foutre à la poubelle : c’est ceux que la rédaction trouve trop cool.
Et devinez qui est multiprimé ?
« Caisse d’Epargne et BNP Paribas multi-primés »
Pendant 5 paragraphes, la journaliste cire les pompes d’une flopée de gérants qui ont l’habitude d’acheter de la pub dans son canard. Et vas-y que je te sers des « sociétés de gestion au top », et que je te file le tiercé dans l’ordre dans une dizaine de catégories auxquels on comprend rien, etc. La Jacques Martin de la finance.
Et si t’en as pas assez, tu peux cliquer sur le suivant : « Grands Prix des Sicav : les lauréats 2023 ».
Mais évidemment, personne n’en veut à Investir, en particulier. Regardons Capimmo, qui affiche un -13% en 2023, soit une des pires perf’ de SCI. Eh bien elle a deux jolis labels :
Évidemment, ces 2 magazines ont écrit un article sur ce qui est en train de se passer chez Capimmo. Non j’rigole, ils s’en foutent.
Parce que pour afficher fièrement un logo d’un prix sur son site et ses documentations, il faut payer entre 4 et 5000€ pour une année. Mais bon, j’imagine que y’a aucun lien entre ça et la jacquesmartinerisation de la finance.
Mais surtout… À part quelques personnes (sans doute comme toi qui me lis à l’instant), qui s’intéresse à Gestion de Fortune ou L’Agefi ?
Cet étrange paradigme interroge quand cette presse pro sort des '« exclus » pour faire quelques clics sur une baisse de part, alors qu’elle n’a jamais fait un seul article pour analyser le même fonds qui était objectivement mauvais et mal positionné.
Est-ce un manque de compétence, comme cette journaliste du Figaro qui demandait y’a encore pas si longtemps, comment une société de gestion pouvait payer les frais de notaires si elle ne facturait pas de frais à l’entrée ?
Ou une peur que ceux qui payent des abonnements à 3000€ l’année se cassent si on venait à regarder un peu trop ce qu’ils font au quotidien ?