Aucun gérant et aucun intermédiaire financier n’a subi la moindre perte en 2 ans. Pour les épargnants, ça se compte en milliards, et ça n’inclut toujours pas ceux qui sont en attente pendant que leur capital continue de diminuer tous les 6 mois.
Certaines têtes sont tombées. Et 2024 pourrait voir se pointer la première SCPI en faillite. Au moins deux véhicules majeurs doivent faire face à des crédits in fine pour lesquels ils n’ont pas assez de liquidité, et dont le montant dépasse le prix de l’actif. Cela dit, les banques se montrent conciliantes sur les refinancements. Un expert m’explique pourquoi.
« Aucune banque n’a envie d’avoir un défaut à plusieurs dizaines de millions dans ses comptes. Mais surtout, aucune banque n’a envie de saisir un bien pourri et invendable dont personne ne veut. »
Là encore, ce sont les épargnants qui vont perdre.
Reste que certains gérants font le taf, et je tiens à le souligner puisque j’écris surtout sur les trucs négatifs.
D’autant que certaines de ces SCPI, et d’autres qui , même elles si n’ont pas forcément une aura incroyable, sont encore largement sous-cotés et méritent d’être analysés : Opportunité Immo (-10%), Epsilon 360 (-8%), Cristal Life (-8%), Iroko Zen (-4%), Atream Hotels (-4%), Épargne Pierre (-5%), etc.
Évidemment, tous ont des stratégies différentes, avec des résultats différents, et comme dirait l’autre, les performances passées ne sont pas un indicateur fiable des performances futures. Et qu’en plus, mon paragraphe n’est pas un conseil en investissement (par contre ceux d’avant sont clairement des conseils en non-investissement).
Mais en regardant les chiffres, il apparait très clairement que le marché des SCPI est mort. De la même façon que parler du marché immobilier en France n’a pas beaucoup de sens.
Nous sommes dans un système à deux vitesses. Pas uniquement sur le rendement, pas uniquement sur les frais, mais sur des gérants plus agiles, qui comprennent les changements et qui veulent faire différemment.
Pas seulement parce que les chiffres vont dans le bon sens. Placer à plus de 5% sans risque, ça n’existe pas. Et peut-être que certains feront perdre de l’argent. C’est le lot d’un placement. Mais la philosophie même est différente.
Ce n’est pas un hasard si ces acteurs ne sont pas détenus par des groupes bancaires. Et ce n’est sans doute pas un hasard si la seule banque qui traîne dans le coin c’est Arkea, qui avait su (il y a fort fort longtemps) tirer parti de l’innovation des fintechs.
Il y a quelques jours, le Festival de Cannes du pognon a eu lieu à Patrimonia. Le thème était « Prendre sa place dans un métier pour l'avenir, se différencier pour réussir ».
Et si se différencier, c’était se tourner résolument vers les épargnants, et pas seulement vers les commissions ?
Je m’appelle Benjamin Charles, et je fais du conseil en branding, positionnement et création de contenus pour des entreprises de la finance, de l’immobilier et du web3.
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