L’histoire est belle. Fils d’ouvriers tunisiens (père chauffeur routier, mère femme de ménage) qui ont quitté leur pays pour rejoindre la Drôme, Sadri Fegaier passe un BTS en assurances et se lance dans l’entrepreneuriat. Alors que le monde change de siècle, Fegaier emprunte 50 000 francs et ouvre un magasin de téléphonie mobile.
En tout cas c’est ce que raconte la légende que Fegaier écrit lui-même via des publicommuniqués qui servent de source aux articles écrits sur lui.
À l’époque, le leader du secteur s’appelle The Phone House, et le marché n’est pas encore mature. L’entreprise a été cofondée par 2 associés en 1996 :
Rapidement, Fegaier ouvre plusieurs magasins dans sa région, qui prennent tous la marque SFR.
Mais c’est en 2010 que le tournant arrive. À cette époque, le leader est toujours le même, porté par son nombre de points de vente… mais pas seulement. Parce que comme tout retailer, les revendeurs de téléphones margent peu. Beaucoup plus sur la vente d’abonnements. Mais le génie de The Phone House est ailleurs : vendre des assurances pour assurer les clients, qui achètent des produits de plus en plus chers.
En cas de perte, de vol, de casse : l’appareil est protégé.
Fegaier est séduit par l’idée de cette vente additionnelle particulièrement lucrative.
D’autant que si l’assurance est risquée par essence, puisqu’il faut payer en cas de sinistre… ça l’est beaucoup moins quand on fait tout pour ne jamais payer.