Alors que je travaillais sur l’histoire depuis 2 mois, je vois surgir en masse des témoignages en décembre 2023.
Pour certains, c’est le retour de l’enfer, parce qu’il avait déjà eu du mal à se dépêtrer de leur contrat. C’est le cas d’Elise :
« J’avais souscrit une assurance en 2019 à la FNAC en achetant mon téléphone. J’ai été prélevée 3 fois de 29,99€ malgré ma résiliation 1 an après. J’avais été effarée de voir les témoignages en ligne, mais après quelques mois, ils m’avaient remboursée. Mais quand j’ai vu 4 prélèvements SFAM en décembre 2023, je suis tombée de ma chaise. »
Amélie raconte la même chose.
« Je croyais le problème « réglé » depuis 2020. Mais la 2e vague de prélèvements, suivie d'une troisième [fin 2023] »
Ces témoignages que j’ai reçus n’ont rien d’anecdotique. Sur le groupe Facebook créé par des lésés de SFAM, il y a en des centaines. D’ailleurs, quelques jours après, Que Choisir publie un article qui raconte la même histoire, quasiment mot pour mot.
S’il est difficile de savoir si des témoignages sont représentatifs d’une pratique généralisée, il reste étonnant de voir que le nombre de messages sur le groupe Facebook explose entre décembre 2023 et janvier 2024. Avant même que les médias reprennent plus largement l’affaire.
Alors la question se pose.
Est-ce que Indexia a délibérement volé l’argent de ses clients pendant plusieurs mois afin de renflouer ses propres caisses ?
Un comptable, qui a audité le groupe en 2018, affirme les prélèvements indus ont été mis en évidence par son cabinet. Et on parle de beaucoup d’argent.
Des montants « anecdotiques » selon le cabinet qui l’employait, par rapport au chiffre d’affaires. Reste qu’en 2018 alors que :
Le groupe avait volé au moins 1,1M€ à ses clients. Cet ordre de grandeur m’a été validé par deux autres sources internes, arrivées plus tard.
Impossible de chiffrer exactement le montant volé aux clients, mais il dépasse possiblement la dizaine de millions d’euros.
Une belle somme puisqu’elle est 100% gardée par Indexia. Lorsque le DGA de l’entreprise parle d’un milliard de volume d’affaires pour faire rêver les investisseurs, il mélange chiffre d’affaires et primes d’assurance collectées.
Or, une prime d’assurance… va à l’assureur. Le courtier, lui, garde 1 à 3% en commission. Mais dans le cas des prélèvements abusifs… c’est 100% bénéf.
Le préjudice global resta, lui, inconnu, parce que le nombre de plaintes est sous doute sous-évalué par rapport au nombre de victimes.
Comme Amélie, beaucoup (dont une bonne partie de femmes) me racontent abandonner parce qu’elles ne savent pas comment faire, ou que c’est trop cher.
C’est le cas de Céline, qui a cumulé des sinistres non remboursés, les prélèvements abusifs et des contrats ajoutés à son insu.
« Je n’ai pas entamé de procédure au tribunal, car je n’ai pas les moyens de prendre un avocat pour 500 et quelques euros. »
Combien d’autres créances ne seront jamais déclarées ?