Mais je dois bien avouer que ce qui m’a fait réécrire cette newsletter c’est une phrase citée dans l’article, attribuée à un (ou plusieurs) fondateur.
« Le compte de résultat n'est pas le meilleur reflet de la performance d'une start-up. »
Parce que, vous comprenez, dans la startup nation, ce qui compte, c’est pas l’argent. C’est la gloire (et le nombre de likes du CEO sur LinkedIn lors de son dernier selfie) qui sert de récompense.
Une grosse partie de l’écosystème startup (entrepreneurs, VC, incubateur, etc.) tente de faire croire que le modèle unique serait d’avoir un produit, de tester, puis de sanctionner chaque phase par une levée de fonds, sans se soucier de la rentabilité. Parce que c’est la croissance qui permet de voir l’intérêt.
Et si c’était faux ?
Outre le fait que ce n’est pas le modèle des entreprises traditionnelles, les 100 entreprises membres du Club Boostrap (et les nombreuses autres non-membres) prouvent qu’une autre manière d’entreprendre existe.
C’est d’autant plus problématique que l’immense majorité des gros leveurs et autres licornes ne sont pas des produits coûteux. Pire : la majorité sont des logiciels, des SaaS etc. Tout le monde peut comprendre pourquoi ouvrir une usine pour Ynsect ou NW Storm coûte beaucoup d’argent. Ces entreprises industrielles ont un coût de production par produit élevé. Mais l’industrie, et plus largement le produit physique, ne sont que peu représentés parmi les grosses startup.
Si on reprend le Next40, seuls Electra (bornes de recharge), Exotec (robotique), Flying Whales (transport), Innovafeed (insectes), Ledger (web3), Loft Orbital (aéronautique), NW (bornes de recharge), Verko (batteries), Wifirst (FAI), Ynsect (insectes) et ZePlug (bornes, décidément) ont des produits physiques, soit 27%. Un chiffre en augmentation par rapport aux années précédentes.
Un constat qu’on retrouve dans le FT120, dans les licornes, mais également dans tous les gros incubateurs, de Station F à Y Combinator.
La réalité c’est que les investisseurs préfèrent accompagner des produits et des services plus simples, avec des coûts de setup faibles. Dans ces entreprises, les levées servent rarement à améliorer le produit : l’argent est principalement investi dans l’acquisition ou l’ouverture de pays.
Le logiciel et le service donnent la fausse impression qu’on peut maîtriser facilement le coût d’acquisition, et donc qu’il suffit d’injecter du cash pour faire de la croissance. Spoiler alert : c’est souvent faux.