💥 Zero Bullshit
Épilogue

One fee to rull them all

Et on touche ici toute la difficulté du problème : le cœur de métier des sociétés commerciales est de vendre pour gagner de l’argent. Que leur mission soit bonne/mauvaise, positive/négative, est un jugement de valeur qu’il est difficile de rendre objectif.

Je pense pour ma part que Bourse Direct a permis de rendre moins cher l’investissement côté. Que Boursorama a démocratisé tout ça et l’a rendu plus simple. Et que Trade Republic a amené une nouvelle expérience encore plus accessible et ludique. Mon avis : c’est plutôt une bonne chose.

De la même façon, je crois que les néobanques (Revolut, N26, etc.) ont achevé ce que les établissements traditionnels n’avaient pas réussi à finir sur leurs propres banques en ligne. Et que les agents de PSP verts (Green Got, Helios) offrent une alternative intéressante, permettant de sortir en partie du système. Tout comme d’autres acteurs (Goodvest, par exemple) permettent de s’exposer à des investissements plus positifs.

Mais peut-on mentir (ou en tout cas enjoliver) pour la bonne cause ?

Je crois que non, pour deux raisons.

1️⃣ Moins un client aura conscience des problèmes de ce qu’il achète, plus il sera relou en cas de problème. Si les investisseurs en SCPI hurlent depuis 2 ans, alors que l’âge moyen d’un porteur est supérieur à 50 ans et que beaucoup suivent ça de très loin, c’est parce qu’on leur a clairement menti. Des réseaux bancaires aux CGP, on leur a vendu la SCPI et le bureau comme étant un truc sûr et d’avenir. Et aujourd’hui, ces distributeurs, gérants et régulateurs se contentent de dire « bah si, les risques étaient à la page 63 du DIC que vous avez signé ».

2️⃣ Et plus généralement, ne pas être clean sur sa comm’, surtout quand on veut le faire pour une bonne raison, c’est s’exposer à un violent retour de bâton. Personne n’attend rien des engagements durables d’une PME moyenne qui ne communique pas. Mais beaucoup regardent les résultats des actions de Green Got, Time For The Planet ou Lita, pour s’assurer qu’ils sont conformes aux engagements. Et cela oblige finalement à être encore plus clean que les autres, juste parce que plus de gens regardent. Autant chez les supporters, que chez les détracteurs.

Cela crée une vraie distorsion de concurrence, entre ceux qui veulent bien faire, qui appliquent la réglementation et qui diminuent donc leur efficacité marketing, et ceux qui se la jouent Far West.

Mais là encore, c’est un mauvais calcul à long terme.

Si Corum ou Sogénial ont été condamnés pour leurs pratiques marketing, et que possiblement d’autres le seront un jour, ces gérants ne pourront pas être tenus responsables des éventuelles pertes, un jour. C’est d’ailleurs la réponse qui est faite aux épargnants qui se plaignent des pertes chez Primonial, Amundi ou d’autres SCPI vaseuses : la réglementation a été respectée.

Effectivement. Ces gérants et leurs distributeurs ont donné de jolies plaquettes, validées par des RCCI et leurs 30 compliance managers, fait signer de jolis KYC, donné des KID, des DIC, des DICI, des DER et autres joyeusetés de la réglementation PRIIPS, et puis des BT, des RA, des BS, des notes d’informations, des statuts et j’en passe et des moins funs.

C’est ce qui fait qu’aujourd’hui, tout le monde est protégé : gérant, distributeur, régulateur. Mais pas le client.

À l’inverse, les cowboys d’aujourd’hui pourraient bien le payer demain. Je ne souhaite aucun krach aux acteurs cités, ni aux nombreuses concurrents moins médiatiques qu’ils ont et que je n’ai pas cité. Mais en cas de problème, ils pourraient être tenus directement responsables par les régulateurs.

Finalement, on a l’impression de se retrouver entre deux époques.

  • L’ancien monde, qui prône avant tout la sécurité, pour qui l’innovation doit passer par le principe de précaution, quitte à rester embourbé ;
  • Le nouveau monde, dynamique et enthousiaste, qui veut renverser la table, considérant que chaque contrainte est une atteinte à sa capacité de différenciation et d’innovation.

Je ne ferai pas l’affront de conclure avec un sophisme du juste milieu, qui donnerait l’illusion d’une possible neutralité. Ça n’existe pas.

Mais la question qu’on devrait peut-être se poser, c’est : qui est en capacité de dire ce qui est bien pour les investisseurs français ?

  • Les régulateurs, qui veulent surtout protéger un monde (et des intérêts) qu’ils connaissent ?
  • Les innovateurs, qui veulent surtout défendre leurs intérêts commerciaux ?

A défaut d’avoir les réponses, j’aurai au moins tenter de cerner le problème.

Sollicitée, l’AMF a indiqué ne pas souhaiter répondre aux questions.
Ni l’
ACPR, ni la DGCCRF, ni l’ARPP n’ont répondu aux sollicitations.

Je m’appelle Benjamin Charles, et je fais du conseil en branding, positionnement et création de contenus pour des entreprises de la finance, de l’immobilier et du web3.

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