« PANICANS are losers and failures! Don't be a PANICAN!! »
Le 8 avril 2025, alors que l'Amérique tremble sous l'impact des nouveaux droits de douane annoncés par Donald Trump, la représentante républicaine de Géorgie Marjorie Taylor Greene n'a que mépris pour ceux qui s'inquiètent.
Cette sortie médiatique aurait pu passer pour une simple provocation politique. Un jour plus tard, elle prend une tout autre dimension.
Parce que le 7 avril, la représentante avait discrètement déposé ses déclarations obligatoires auprès du Congrès, révélant une vague d'achats effectués le 4 avril, exactement au moment où le marché touchait son point le plus bas après l'annonce initiale des tarifs douaniers.
Les documents officiels sont sans équivoque. Entre le 3 et le 4 avril, Marjorie Taylor Greene a investi entre 1K$ et 15K$ dans d'une quinzaine d’entreprises différentes : AMZN, AAPL, JPM, QCOM, LULU, RH, UPS, DELL, CAT, ODFL...
Cette liste ressemble à un index parfait des entreprises sensibles aux tarifs douaniers, celles-là mêmes qui allaient s'envoler si ces tarifs venaient à être suspendus. Un panel d'actions soigneusement sélectionnées, comme si elle disposait d'une information privilégiée.
Le cas de Restoration Hardware ($RH) est particulièrement frappant. Le titre avait plongé de près de 40% entre fin mars et début avril, passant de 250$ à environ 147$ suite à l'annonce des droits de douane. Greene l'achète précisément à son plus bas niveau le 4 avril. Cinq jours plus tard, après l'annonce de la suspension des tarifs, le titre bondit de 33,11%, approchant les 200$. Une entrée chirurgicale, au jour près.
C'était la première fois qu'elle achetait cette action.
Plus troublant encore : le contraste entre ses paroles et ses actes. D'un côté, elle participe activement à ce que Trump a baptisé la lutte contre les « panicans ». De l'autre, elle positionne silencieusement son portefeuille pour capter pleinement un éventuel revirement de politique.
Techniquement, rien d'illégal dans ce qu'a fait Marjorie Taylor Greene. Contrairement aux ministres ou aux hauts fonctionnaires, les membres du Congrès américain peuvent toujours acheter et vendre librement des actions individuelles. Sauf à savoir ce qui allait se passer par la suite.
Cela dit, le timing est encore une fois très troublant :
Si l'on ajoute à cela sa proximité notoire avec Donald Trump, dont elle est l'une des plus ferventes supportrices au Congrès, la question se pose naturellement : Marjorie Taylor Greene savait-elle que le président s'apprêtait à suspendre les droits de douane qu'il venait d'instaurer ?