L'affaire des options cache un autre scandale potentiel, moins visible mais tout aussi troublant. Le fameux message du 9 avril à 9H37 sur Truth Social pourrait avoir une deuxième lecture.
THIS IS A GREAT TIME TO BUY!!! DJT
Trois lettres. Une phrase. Un choc.
« DJT » n'est pas seulement les initiales du président. C'est aussi le ticker boursier de sa propre entreprise : Trump Media & Technology Group, la société mère de Truth Social. Et les conséquences de ce simple post ont été immédiates :
À première vue, aucun texte n'interdit à un président de promouvoir publiquement un actif qu'il détient. Mais en pratique, la question de la manipulation de marché ou du devoir fiduciaire en conflit d'intérêt reste largement non tranchée pour un chef d'État, en tout cas aux USA. Surtout depuis qu’Elon Musk rode dans les couloirs du pouvoir, proche de tous les régulateurs de ses business, ou que Donald Trump règle ses comptes avec tout ceux qui n’ont pas été dans son sens.
Le message « BUY DJT » prend alors une dimension vertigineuse : ce n'est plus une simple punchline populiste, mais potentiellement un distributeur automatique de cash pour ceux qui savent lire entre les lignes. Certains y ont vu une consigne pour acheter son action. D'autres, un signal codé annonçant une surprise macro imminente. Les plus complotistes pourraient même y voir une manière d’anéantir toute critique de délit d’initié… puisque l’information était publique.
Dans l'économie de 2025, la parole vaut action. Un président qui détient une entreprise cotée peut littéralement faire monter son cours par tweet interposé.
Ce n'est plus seulement de l'abus de pouvoir. C'est un modèle économique.
Dans un contexte normal, ce type de publication serait considéré comme une tentative de manipulation de cours si elle venait d'un CEO classique. Mais ici, seule la fonction présidentielle semble le protéger du cadre réglementaire habituel de la SEC et de la FINRA. La SEC désormais présidée par Paul Atkins choisi par… Donald Trump.
L'affaire DJT n'est pas juste un scandale de manipulation boursière. C'est un crash test démocratique : jusqu'où peut aller un homme public quand les frontières entre politique, finance et médias se sont totalement dissoutes ?
Plusieurs élus ont demandé à la SEC de déterminer si ce message pouvait constituer une forme de « pump » illégal sur une action détenue par un officiel public. Cette dimension s'ajoute aux soupçons déjà existants concernant les transactions d'options avant l'annonce tarifaire.
Trump n'a pas crié « Buy the dip ». Il a dit : Buy Me.