Le 9 avril 2025, les marchés financiers américains ont donc connu une journée explosive. Le SPY a bondi de plus de 7%, le Nasdaq s'est envolé, et plusieurs options très spécifiques ont vu leur valeur multipliée par 20. Et pour bien comprendre le problème, il faut reprendre l’historique.
À 9h37 heure de New York, Donald Trump publie un message laconique (ou pas) sur Truth Social :
THIS IS A GREAT TIME TO BUY!!! DJT
Un message à la tonalité familière, très trumpien. Mais cette fois, il va déclencher bien plus qu'un simple buzz politique : il précède une vague d'achats coordonnés sur les options les plus spéculatives de l'indice SPY1 et du QQQ2, les ETF phares du marché américain.
Entre 9H57 et 10H00 ET3, soit 20 minutes après le post de Trump, les premiers ordres massifs tombent sur les options SPY 509C4, expirant le jour même.
Une heure plus tard, elles valent 25 $ : x13,5 de la mise initiale à un instant donné, avec des variations intraminute allant jusqu'à x15.
Même scénario un peu plus tard pour d'autres options :
Le point commun ? Toutes ont été ouvertes juste avant 13H18, heure à laquelle Trump publie une nouvelle annonce, cette fois officielle (diffusée sur Truth Social vers 13H18-13H20 selon les horodatages observés) : une pause de 90 jours sur les tarifs douaniers. Les marchés explosent. Les options aussi.
Données publiées par UnusualWhales
Les graphiques le confirment : les positions ont été ouvertes quelques minutes seulement avant l'annonce, avec une précision quasi chirurgicale. Aucun volume anormal n'a été détecté les jours précédents. L'Open Interest en hausse ou en baisse selon les strikes indique que ces positions étaient fraîches, concentrées, et ciblées.
Regardons les performances :
Le lendemain, des membres du Sénat américain adressent une lettre officielle à l'Office d'éthique gouvernementale et à la Maison-Blanche. L'objet : déterminer si le Président ou son entourage a délibérément informé des tiers de l'annonce tarifaire avant publication, permettant un enrichissement massif par délit d'initié.
Le problème est systémique : les annonces ont été faites sous l'IEEPA (International Emergency Economic Powers Act), un dispositif d'urgence qui permet au président d'agir unilatéralement, sans contrôle ex ante. Autrement dit, personne ne peut vérifier ni bloquer l'information avant sa diffusion publique.