💥 Zero Bullshit
Conclusion

Cinq choses à changer

Voilà plusieurs années que Zero Bullshit écrit sur le crowdfunding, et à chaque fois la conclusion est que le statut PSFP est mal conçu. En avril puis en août 2025, cette newsletter a publié quinze propositions de réforme. Ce dossier en valide cinq, qui devraient être des urgences côté régulateur, pour garantir la préservation des intérêts des investisseurs particuliers.

1️⃣ Le représentant de la masse doit être indépendant de la plateforme.

Chez Tudigo, la même société sélectionne l’emprunteur, encaisse la commission, rédige la garantie, préside le véhicule et représente les créanciers. Quand la garantie n’est pas signée, c’est encore elle qui décide s’il faut attaquer sa propre erreur. Aucun lien capitalistique ne devrait exister entre un PSFP et le représentant de la masse de ses émissions.

2️⃣ Les garanties doivent être vérifiées avant la collecte.

Une caution personnelle à laquelle il manque une date, des nantissements jamais signés, une GAPD sur une société qui a 1’030€ en banque, une autre sur une société liquidée dans l’année. Ces 4 garanties ont été vendues comme des protections, et aucune n’a protégé quoi que ce soit. Il faut un référentiel commun et un audit de la réalité de chacune avant la levée.

3️⃣ Les comptes doivent être audités et publiés dès qu’on fait appel au retail.

Une société qui ne dépose pas ses comptes ne permet à personne de juger de sa santé. Ici, ni les emprunteurs ni les véhicules ne les déposent, et les 1’200 investisseurs de Tudi Holding 101 ont découvert ce que valait leur ligne 3 ans après l’avoir payée. Le dépôt devrait être une condition de la levée, et son absence un motif de suspension.

4️⃣ La gestion extinctive doit être financée par la plateforme, pas par l’épargnant.

Le programme d’activité déposé à l’AMF prévoyait qu’elle le soit par les bénéfices du groupe. L’entité n’a jamais été créée, l’argent a été dépensé, et la facture arrive chez les investisseurs 3 ans plus tard, alors que des frais ont déjà été payés. Un plan de continuité devrait être publié en entier, provisionné dès la collecte, et opposable à la plateforme.

5️⃣ La responsabilité des plateformes doit pouvoir être engagée.

Un casier judiciaire falsifié que personne ne vérifie, un terrain jamais acheté financé 6 fois : ce ne sont pas des aléas de marché, mais des erreurs graves. Aujourd’hui, l’épargnant ne peut pas agir seul, et le seul qui peut agir pour lui est celui qui a commis la faute.

Le régulateur doit agir. Et vite.

C’est déjà trop tard pour les plateformes qui tombent.

Mais la question se posera inévitablement dans le futur.