💥 Zero Bullshit
Épilogue

La valse des pantins

Les exemples ne manquent pas. Les assurances couvrent la vie et la santé. Les véhicules protègent plus ou moins la vie des passages, en fonction du prix qu’ils y mettent. Les opérateurs funéraires donnent un prix à la mort. Les politiques publiques donnent implicitement un prix à la sécurité, et donc aux risques. Les normes de sécurité installent une balance pour plus ou moins protéger les citoyens, contre un prix supporté par une entreprise.

Dire que « la vie n’a pas de prix » est faux. C’est une expression toute faite qui n’a pas de sens et qui voudrait juste éluder un débat compliqué qui rythme pourtant nos quotidiens.

Ce qui est vrai, par contre, c’est que la vie n’a pas un prix absolu.

  • Si je meurs naturellement demain, ma vie ne vaut globalement rien ;
  • Si je meurs accidentellement, une assurance pourrait indemniser mon conjoint, mon entreprise, mon enfant etc. en fonction des garanties et du préjudice subie ;
  • Si je meurs à cause de quelqu’un, alors le prix mis en face va être plus élevé, parce que la justice va valoriser le préjudice moral, et qu’une personne peut être tenue responsable ;
  • Si je suis pris en otage, mon prix de marché va exploser, parce que la France va non pas valoriser ma vie, mais son propre préjudice à elle si je venais à mourir.

Et j’exclus de ce raisonnement l’argent que mes parents et l’Etat ont investi dans mon éducation, ma santé etc., qui pourrait presque permettre de faire des calculs de rendement 😅.

Donner un prix à une vie humaine n’est pas cynique.
Parce que ce qu’on entend par prix, c’est la valeur faciale d’une monnaie.
Mais la monnaie n’a été créée que pour avoir un référentiel commun d’échange.

Le prix d’une vie n’est pas un jugement de valeur entre des individus, mais entre des contextes.

Comparer le cout de la détention d’un prisonnier, au préjudice estimé suite à la mort d’un parent, lui même comparé au handicap permanent n’a pas de sens.

Mais mettre des données précises en face de situation, c’est être capable de prendre des décisions rationnelles, logiques, adaptées et équitables. Et tenter de ramener, à défaut d’une justice absolue, un peu d’équité.

Alors peut-être qu’on peut dire que la vie n’a pas de prix.
Mais en tout cas, le contexte dans lequel on peut la perdre en a un.

Un grand merci à Pierre Kopp, professeur des universités « Economie du droit, Economie publique » à l’Université Paris 1 Panthéon Sorbonne, pour le partage de ses notes.

Je m’appelle Benjamin Charles, et je fais du conseil en branding, positionnement et création de contenus pour des entreprises de la finance, de l’immobilier et du web3.

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