💥 Zero Bullshit
Chapitre 01

Fire Walk with Me

Victor Lora fait partie de la première génération des influenceurs financiers. Arrivés bien après les blogueurs ou les traditionnels youtubeurs, ceux qu’on appelle maintenant les finfluenceurs étaient principalement des realestatefluenceurs.

C’est l’époque de l’argent gratuit. Des banques qui prêtent à n’importe qui. Du marché qui s’envole pour tout et n’importe quoi. Sur Facebook, YouTube, Instagram, ils sont partout : Christophe Wangen qui parle de liberté financière, Michael Ferrari et son Esprit Riche, Loïc Cardin, Olivier Seban, Yann Darwin, Cédric Annicette, etc. Que des hommes. Ceux qui s’intéressaient au sujet, même de loin, n’ont pas pu passer à côté des publicités qui provoqueraient des AVC en Commission des Sanctions AMF.

Cela dit, tous ont des positionnements très différents. Si Wangen et Annicette aiment montrer leur réussite financière avec de belles photos et utilisent parfois des raccourcis pour parler de rentier, de richesse ou de liberté, ils gardent une posture et des mots, certes très marketing et à leur avantage, mais réalistes. Là où d’autres ne s’embarrassent pas pour parler de devenir riche, et évidemment rapidement, d’expliquer que c’est facile et sans risque, au milieu de deux Ferrari de location.

Aujourd’hui ça paraît banal. Même Matthias Baccino, patron de Trade Republic, régulé par l’AMF, sort un bouquin où il est écrit « Devenir riche » en couverture sans que ça n’émeuve personne, racontant à qui veut l’entendre qu’il a été trader en salle de marché, alors qu’il était commercial.

La grande époque où tout le monde voulait faire des colocs à Saint-Étienne ou à Mulhouse pour faire du 24 % de rendement. Oubliant quand même qu’il n’y a aucune demande, et que Saint-Étienne est largement pourvue en studios près de la fac, à des prix abordables.

Au même moment, Victor Lora débarque avec son FIRE venu des États-Unis, expliquant qu’en vivant une vie d’ascète, en économisant au lieu de sortir en boîte, en étant en coloc au lieu d’avoir un appart seul, et en investissant le maximum de pognon, on peut être à la retraite à trente ans et profiter de la vie.

Ce qui, cela dit, amène à un autre paradoxe qui m’a toujours amusé.

Parce que sacrifier des années pour atteindre un but, ça n’est pas ma philosophie toute personnelle, mais c’est une logique qui se tient. Par contre, continuer à aller au front chaque jour en mettant sa tête partout, en accompagnant des gens et en vendant des formations, tout en gérant des millions de patrimoine, ce n’est pas vraiment la définition que je me fais de la retraite ou d’arrêter de travailler.

Peut-être simplement parce que ceux qui veulent devenir riches confondent but et moyen. Et s’ils y arrivent, ils comprennent vite que ce n’était pas la solution à leur problème profond.

Et Victor Lora est de ceux-là.