Certains le savent, mais j’ai été blogueur pendant presque 15 ans, principalement en cinéma et musique.
Je n’avais aucune stratégie particulière à part raconter des trucs que je voulais raconter. C’est comme ça que j’ai rencontré la quasi-totalité de mes clients. Et ce que j’ai remarqué c’est qu’avoir des articles « biz » avait un impact. Souvent plus que parler d’œuvres culturelles.
C’est comme ça que j’ai compris que le meilleur moyen d’adresser une cible quand tu es freelance, c’est pas d’expliquer à quel point tu es bon, ou parler de ton métier, mais parler de celui de tes clients.
D’où ma stratégie éditoriale sur LinkedIn depuis mai.
Mon second élément, c’était de trouver une manière différente et remarquable (au sens premier) de m’exprimer. D’où mon ton (qui n’est pas inventé, je parle et suis vraiment comme ça) et l’approche visuelle où je voulais quelque chose de marquant, tout en ayant un titre type Libé. J’ai expliqué cette démarche dans un ancien post.
Pourquoi mai ? Parce que c’est le moment où j’ai créé mon entreprise pour redevenir freelance multiclients. J’avais donc un premier sujet d’acquisition. Mais surtout un besoin de vérifier quelque chose.
Depuis 2 ans, LinkedIn est redevenu un sujet pour les entreprises, notamment en B2B, et j’ai eu plusieurs demandes de personnes qui souhaitaient un accompagnement. Sauf que voilà, LinkedIn est aussi le royaume du bullshit qui cause de selfies, de maladies et autres 10K€ / mois. Et c’est pas ce que j’avais envie d’écrire ou de proposer.
Alors ma question était : est-il possible d’exister sur LinkedIn sans parler de TDI-turbo-HPI, de faire l’éloge du néocolonialisme à Bali ou de vendre des formations pétées ?
Donc j’ai testé. Et la réponse est : oui.
Y’a des gens intelligents pour lire des contenus intelligents.
Et c’est seulement après avoir eu cette réponse que j’ai commencé à inclure cette prestation dans mes activités de conseil et de création de contenus.
La conséquence, c’est que c’est aussi devenu la quasi-totalité des demandes que j’ai reçue pour mon entreprise, j’y reviendrai.
Quelques enseignements
Le reach ne baisse pas. Son calcul a changé mi-2023, mais globalement non seulement il ne baisse pas, mais en plus LinkedIn a décidé de mettre en avant les créateurs individuels de contenus.
L’algo change, mais LinkedIn n’a AUCUN intérêt à sanctionner les créateurs. Il faut comprendre qu’une page social media, c’est une suite de boites. Chaque boite c’est un contenu, qui peut être une pub, une page, un profil, etc. Le rôle de la plateforme c’est d‘afficher les meilleurs contenus pour toi, pour que tu restes. Plus tu restes longtemps, puis il y a des boites. Plus il y a de gens qui se connectent, plus il y a de boites.
Par contre, plus il y a de gens qui postent, et moins il y a de places, s’il y a toujours autant de boites. Et donc le reach peut baisser mécaniquement pour ceux qui ne sont pas mis en avant.
Le but ? Être le contenu que LinkedIn a envie de mettre dans les boites.
Le taux d’engagement n’est pas significatif sur LinkedIn. Historiquement il était inférieur à 1% (1 like pour 100 impressions). Les algos testaient un contenu, et en fonction des likes et des engagements, ils diffusaient plus largement, ou non.
Mais LinkedIn met un poids TRÈS fort à un engagement invisible : le temps de lecture.
En regardant mes statistiques, il apparait quelque chose d’assez étonnant. Sur mes 10 plus grosses publications de 2023 en impressions, 8 parlent d’immo ou de finance. C’est celles qui ont le taux d’engagement le plus faible.
Il est assez flagrant de voir que le classement des impressions n’est pas celui des likes.
En réalité, plus le sujet est « B2B » et « sensible » plus le taux d’engagement semble être faible, malgré une forte diffusion en impression. C’est flagrant sur tous mes posts liés aux SCPI, mais également à la plupart des publications liées à des analyses de startup ou immo, comme si beaucoup lisaient sans réagir. Soit parce qu’ils ne sont pas d’accord, soit parce qu’ils ne veulent pas que ça se voie.
À l’opposé, une créatrice de contenus, parmi les plus grosses audiences françaises, indiquait à la rentrée 2023 avoir fait autour de 100K€ de CA malgré plusieurs dizaines de millions d’impressions avec des taux d’engagement supérieurs à 2%.
On peut donc se rassurer en disant qu’on a encore la preuve que les likes ne remplissent pas le frigo !
Après avoir publié plus de 300 fois, j’ai accumulé un gros stock de contenus. À plusieurs reprises, j’ai republié, parfois sans même le changer, un contenu qui avait plus de 6 mois.
Personne ne m’a fait de remarque à l’exception d’un contenu où j’ai reçu quatre messages pour me dire que je l’avais déjà publié.
C’est un contenu que j’avais publié en décembre 2022 et que j’ai republié en novembre 2023. Il avait visiblement marqué ces quatre personnes pour qu’elles s’en rappellent un an après, ce qui peut s’expliquer par la mise en avant d’une histoire un peu plus personnelle, et d’une série pas très connue.
Le post est passé de 138 likes, 29 commentaires et 23 297 impressions à 337 likes, 86 commentaires et 22 411 impressions.
Et c’est le cas de toutes mes republications.
En moyenne, le nombre d’interactions est 2 fois supérieur.
Ces republications sont systématiquement signalés par un #rediff en fin de post.
Mes enseignements
Les republications sont un gros gain de temps et ne posent aucun problème.
Mes stats