💥 Zero Bullshit
Chapitre 05

Les Barbouzes

Retour au grand blond sans chaussures noires. La société qu’il cite à la fin de sa vidéo, celle qui « analyse des milliers de start-ups chaque année » est un joli palindrome : Akka.

Qui est derrière Akka

Société fondée en 2024, 20 salariés en juin 2026, 3’000 investisseurs revendiqués, 2,2M€ levés en mars 2025. Côté déploiement, les chiffres doublent vite : un peu plus de 10M€ placés dans des startups fin 2025, plus de 20M€ et plus de 30 opérations 6 mois plus tard22. En France, la presse la présente comme une plateforme française. En Espagne, la presse tech la présente comme madrilène, fondée par Thomas Rebaud et Pedro Buerbaum, dirigée par Javier Desantes23. Les bases sectorielles, elles, lui attribuent 2 CEO : Thomas Rebaud et Nicolas Nati24.

Ce qu’Akka a placé dans des startups

La boîte est enregistrée en tant qu’agent de PSP via Lemonway auprès de l’ACPR25, et en tant que PSFP auprès de l’AMF. L’agrément26, lui, a été délivré à une société qui s’appelle... Blast Angels Europe. Évidemment, ce n’est pas un hasard. Blast Angels Europe, c’est le Blast Club + Europe. Et Akka, c’est la marque sous laquelle ce véhicule a été lancé en Italie, en Espagne, en Suède, partout sauf en France, où le club existait déjà sous son nom d’origine. Si la marque débarque à Paris seulement maintenant, c’est précisément parce qu’elle n’est plus Blast.

Au registre, la filiation est écrite noir sur blanc. Blast Angels Europe est constituée en 2023 par 2 actionnaires : Blast Angels, pour 867 des 1’000 actions, et Blast, la société du Blast Club, pour les 133 autres, sous la présidence de Thomas Rebaud27. Le 29 avril 2026, son associé unique, Blast Angels, représenté par Thomas Rebaud, décide qu’elle s’appellera désormais Akka Europe28.

2023 : la liste des souscripteurs de Blast Angels Europe, certifiée par son président.

29 avril 2026 : Blast Angels Europe devient Akka Europe. Signatures retirées.

Quant à Thomas Rebaud, ex-ambassadeur du Blast Club, c’est surtout le fondateur de Meero. Une marketplace de photographes, fondée en 2016, qui lève 205M€ en juin 2019 auprès d’Eurazeo Growth et de Prime Ventures, ce qui en fait le plus gros tour d’une startup française à cette date29. La boîte emploie alors 600 personnes et annonce qu’elle en emploiera 1’200 avant la fin de l’année, pour 5-10G$ de CA sous 7 ans30. Le titre de licorne, en revanche, n’a jamais reposé sur un chiffre publié. La valorisation est restée confidentielle et le milliard a été déduit d’une dilution estimée entre 20 et 25%. Un an plus tard, Rebaud confiait aux Échos regretter d’avoir communiqué sur l’opération31. Le regret n’a pas survécu.

Assez étonnant, au printemps 2026, et à plusieurs reprises, des salariés d’Akka ont nié toute filiation avec le Blast Club. L’identifiant technique de l’application sur le Play Store, lui, s’appelle com.capsens.blast32, du nom du prestataire qui a développé la plateforme et du projet d’origine. En plus de l’agrément et de la filiation évidente. Un nom de paquet ne se change pas après publication. Il reste ce qu’il était le premier jour. En réalité le Blast Club détenait autour d’un quart d’Akka. La structure a vendu la moitié de ses parts à l’entrée d’un fonds au capital, et le solde un peu avant l’été 2026.

Un ancien proche du dossier résume :

« Ça burn beaucoup et ils ne trouvent pas leur modèle. Il gère ça en mode scale-up 2018, bourrin, je ne vois pas comment ça peut survivre plus d’1 ou 2 ans. »
Un ancien proche du dossier

Ce que ça coûte, ce que ça promet

La grille tarifaire, proche de Blast, est assez simple : un abonnement à partir de 39€ par mois pour accéder aux deals, des frais de structuration de 3 à 8% de chaque investissement, 1% de gestion annuelle via le SPV (plafonné à 5 ans), et 15% de commission de performance33. Le détail des paliers mérite un arrêt34.

8%

Restent les chiffres de performance. Le site annonce +33% de croissance en 2025, supérieur au S&P 500, puis 2 mots : résultats réels. L’astérisque, lui, précise que le calcul repose sur les valorisations officielles des derniers tours de table. Une valorisation de dernier tour n’est pas un résultat, et surtout pas un résultat réel : c’est un prix auquel personne n’a vendu. Même mécanique pour les 23% de rendement moyen depuis 1980 affichés ailleurs, par une société fondée en 2024.

Et dans le même astérisque, en petit : les investissements en startup sont illiquides et comportent un risque de perte totale. La formule existe donc, et elle est exacte. Elle vit en bas de page, sous une promesse de croissance imprimée en gros. Fin juillet 2026, la marque revendiquait une sortie sur Anthropic à 400% de rendement net. Le récit tient en 3 lignes : une poche d’environ 690K€ investie, ouverte à la communauté en avril 2025, revendue 12 mois plus tard sur le secondaire à 4x le prix d’entrée, commissions et impôts de la structure déduits. Le chiffre n’est pas absurde en soi : Anthropic s’échangeait en avril 2026 au-dessus de 1’000G$ de valorisation implicite sur le secondaire35, contre 61,5G$ au moment de l’entrée.

La valorisation d’Anthropic, entre l’entrée de la poche et sa revente

Un détail mérite néanmoins d’être posé : Anthropic publie sur son propre site une page d’avertissement sur les ventes non autorisées de ses actions, et invite à lui signaler quiconque commercialise un accès à son capital36.

Parce que la scaleup, comme la plupart de celles du genre qui servent à attirer le chaland, est très mal à l’aise avec ces ventes. Chez Akka, parmi les 28 lignes affichées sur le site on retrouve Bolt, Perplexity, Crusoe, Epic Games, Anthropic : les noms de la publicité. Et puis Arpias, abonnements de manucure premium. Bund, costumes sur mesure à prix accessible. Rhyde, trottinettes reconditionnées. Robinsun, kits solaires à installer soi-même etc.

Sur la page d’accueil, l’argumentaire tient en 4 promesses : investir comme le top 1%, jusqu’à 300€ offerts à investir, annulation à tout moment sous 30 jours, et aucune expérience requise. Aucune expérience requise, pour un produit dont le régime européen impose précisément d’évaluer les connaissances de l’investisseur non averti et sa capacité à supporter des pertes37.

Et la question qui vaut pour tout le monde : qu’est-ce que le membre détient, exactement ? Là-dessus, Akka ne dit rien. Ni le nom du cédant, ni le nombre de véhicules empilés entre lui et l’acheteur, ni la classe des titres portés par le SPV. La plateforme promet pourtant des protections de niveau VC, droits anti-dilution compris, et les mêmes conditions que les VCs34.

Les rabatteurs

Une histoire que le grand blond ne raconte pas. Et il n’est pas le seul. Prends le compte Instagram/TikTok prebourse, ouvert au début de l’été, qui parle de l’IPO de SpaceX. Et glisse, en scred, le nom d’Akka.

Dans le mois qui suit, le compte publie 18 fois. 18 fois pour parler d’Akka et d’investissement late stage. Sans un mot sur les risques. Sans un mot sur la publicité.

Avec un objectif qui semble clair : recruter.

Parfois, d’autres profils commentent, comme startup_investfr. Et de quoi peut bien parler startup_investfr ? Tu vas pas me croire : de late stage, et d’Akka.

Et puis il y a le nombre de comptes qui, subitement, se sont mis à être ultra fans de la marque, avec des claims très sobres :

« J’ai tout mis grâce à AKKA. »
« Apparemment ils utilisent tous AKKA pour ça. C’est fou de pouvoir investir dans Anthropic avant son IPO »

Certains profils discutent les infos entre eux. L’un d’eux précise même que « ce n’est pas un conseil en investissement ». Après 14 vidéos à conseiller des investissements, prévoyant même que l’agence française de fabrique des tops LinkedIn Favikon devienne une licorne lors de son IPO.

Akka ne suit aucun de ces comptes. Et quasiment aucun de ces comptes ne suit Akka. Étonnant, pour des fans-investisseurs.

Cela dit, Akka ne peut ignorer ni la campagne ni la méthode, puisque la marque a fourni elle-même des liens trackés à chacun des comptes, tous tenus, semble-t-il, par de vraies personnes qui produisent le contenu qui leur a été commandé. Ce que disent les liens :

  • la campagne est principalement destinée à TikTok ;
  • chaque compte est tracké individuellement ;
  • la mention « evergreen » de l’UTM campagne indique une opération continue ;
  • les claims, les templates et les boîtes proposées sont les mêmes partout.

Autrement dit, une campagne clandestine, conçue pour rester clandestine.

Les claims, eux, sont hors-sol. Comme ici avec les prédictions de valorisations pour des deals proposés sur Akka.

Plusieurs des influenceurs incitent carrément à balancer tout son argent sur Akka :

« Si vous avez du pognon à la fin du mois, que ce soit 100 balles, 200 balles, 1000 balles, mettez tout sur Akka. »

Même consigne dans d’autres vidéos : « virez tout l’argent qu’il vous reste sur votre compte AKKA ».

Certains diffusent un lien d’affiliation.

D’autres préfèrent passer par e-mail ou en message privé.

Certains de ces rabatteurs sont des digital nomads qui galèrent à vendre des formations. D’autres sont des indépendants en reconversion, c’est-à-dire la cible idéale des vendeurs de formations. Au moins 2 ont fait partie d’un MLM.

Une sorte d’étrange astroturfing, raccord avec la suite de l’histoire, mais aussi le reste de leur stratégie. Sur Instagram, par exemple, le compte akka.app affiche 12,8K followers. Le compte publie des posts IA 3 fois par jour, qui affichent entre 0 et 5 likes, la majorité du temps sans commentaire autre que le compte d’Akka lui-même.

Interrogé par Zero Bullshit, Thomas Rebaud reconnaît en partie le problème.

« Plein de contenus [d’influenceurs ne] vont pas du tout, [on les] a flaggués, soit en écrivant aux créateurs en leur disant de retirer cela tout de suite, soit en écrivant aux personnes (4 il me semble) qui publiaient du contenu pour nous via une agence et qui ne respectaient pas toutes les guidelines. »
Thomas Rebaud, à Zero Bullshit

Cela dit, la veille de cette réponse et de la publication de cette newsletter, les comptes continuaient de publier. Rebaud s’en explique également :

« La personne en charge du légal a tout flagué, tout ce qui est pas ok du tout devrait être supprimé d’ici fin août. […] C’est des petits contrats, ils se lancent, publient, oublient une guideline sur deux, on review, shutdown, arrêtent les collab ou les transformons. Le process a été laborieux au lancement il y a quelques semaines. Cela rentrera dans l’ordre sous peu. »
Thomas Rebaud, à Zero Bullshit

Akka n’est pas la seule à faire ça et à faire appel à cette agence. En creusant les profils, d’autres marques apparaissent. Comme Rebind, fintech qui promet du 5% en euros et du 8% en dollars, liquide, et qui revendique 36G€ de dépôts pour 200K clients. Soit 180’000€ par client en moyenne, chez une fintech sans le moindre agrément ni le moindre enregistrement, avec un profil qui laisse penser que les rendements viennent en réalité de la DeFi.

Le cofondateur, David Cingala, a notamment cofondé le jeu web3 Immortal Game et a sans doute vu passer la hype des livrets cryptos. Sauf que s’ils ont tous disparu, il y a une raison. Le dernier survivant, Mon Livret C, n’a plus le droit d’exercer faute d’agrément. D’autant plus qu’ils ont planté plusieurs millions d’euros il y a presque 1 an et qu’ils n’ont plus jamais communiqué publiquement depuis. Avant l’été, sur 6 portefeuilles, 4 affichaient 45% de perte, 1 en affichait 37%, et le dernier, le seul en euro, 3%.

Taux de récupération des portefeuilles Mon Livret C après le hack de Stream Finance : 55% récupérés, c’est 45% de perte.

Donc : des produits risqués, vendus sans disclaimer ni mention des pertes, par des comptes rémunérés qui ne le déclarent jamais.

Quant à Akka, la marque ne s’en remet pas qu’à des comptes anonymes. Ses campagnes Facebook et Instagram tournent toujours, sous son propre nom cette fois, et la bibliothèque publicitaire de Meta est publique. Le même argumentaire, les mêmes promesses de rendement, et sur les annonces consultées, aucun avertissement sur le risque de perte.

Les communiqués recopiés

Même histoire, autre méthode. À la mi-juin, plusieurs sites peu regardants sur les communiqués annonçaient l’offre en fanfare, entre copier-coller et publicommuniqué. Jaimelesstartups déroule les arguments de la boîte38 :

« Akka entend changer la donne. En agrégeant la force de sa communauté et en éliminant la complexité liée aux placements sur les marchés privés, la start-up permet d’investir dans des conditions proches de celles des professionnels, dès 300€ par deal. »
Jaimelesstartups

Le même jour, Finyear raconte la même chose22, avec un étrange disclaimer qui ne permet pas de savoir si c’est, ou non, une publicité. Boursier et Planet Fintech reprennent la même citation du CEO39 :

« [Akka] change cette dynamique en mutualisant la puissance de sa communauté et en supprimant la complexité opérationnelle de l’investissement sur les marchés privés. »
Le CEO d’Akka, cité par Planet Fintech et Boursier

Déjà lu quelque part. Mais où... En tout cas, la même histoire circule en polonais sur un site local, et en anglais chez Il Sole 24 Ore40, quasi mot pour mot. Logique : Akka opère en France, en Espagne, en Italie et en Suède, la campagne suit le passeport. Détail curieux au passage : le « CEO d’Akka » qui signe les citations change selon l’article. Thomas Rebaud ici, Nicolas Nati ailleurs.

Les avis

Mais bon, pour savoir si Akka est vraiment cool, il suffit de chercher des avis. La note Trustpilot semble correcte : 4,1. Sauf que. Bah oui. T’as compris.

Les 5 premiers avis sont globalement mauvais.

Puis soudain, le 14 avril 2026, un peu avant le vrai lancement en France, un certain Benoit Lagarde écrit41 :

« Part of Akka since 2025. Best decision I’ve made. »
Benoit Lagarde, sur Trustpilot

Il a investi dans Revolut, Anthropic et 5 autres startups early stage. Il adore l’expérience. Il a même « rencontré l’équipe plusieurs fois, des gens super, très talentueux ».

Sans blague. Cet ex-C-level de Meero est associé et mandataire social d’Akka.

Suivront 12 commentaires positifs. En 2 jours. Tous étranges. Lucas L. et Tomas commencent tous les 2 par leur durée d’inscription, tout comme Adrian Søbyskogen. Qui n’est autre que le CEO d’Akka pour les pays nordiques.

Plus bas, Marco Dos Ramos, community manager d’Akka en Espagne. Markus Törstedt, d’Akka Nordics. François Barone, du marketing. Daniel Garcia Reyes, commercial Espagne. Salva Pérez, VC Espagne. De quoi conclure sans trop de risque sur la nature des avis restants.

5 avis

Globalement mauvais.

Benoit Lagarde

« Part of Akka since 2025. Best decision I’ve made. » Associé et mandataire social d’Akka.

12 avis positifs

Parmi leurs auteurs, le CEO d’Akka pour les pays nordiques, un community manager, un membre du marketing, un commercial.

Thomas Rebaud relativise :

« Pour le Trustpilot, pour le coup c’est pas nous. […] On veut justement commencer à mettre des avis clients pour augmenter la légitimité de la marque au moment où un prospect arrive sur le site web. Ce qui est actuellement en ligne, que je viens de regarder du coup, ce n’est pas nous. »
Thomas Rebaud, à Zero Bullshit

Reste donc à définir qui est « nous », du coup.

L’agrément

Puis vient un dernier point qui devrait intéresser l’AMF bien plus que des avis Trustpilot. Il demande 2 minutes d’attention, parce que c’est un peu technique. Mais c’est quand même intéressant.

Un agrément PSFP autorise à mettre en relation des porteurs de projets et des investisseurs. Le porteur de projet, c’est la société qui cherche de l’argent et qui l’encaisse. Le règlement européen de 2020 a été écrit pour ça, et l’AMF le résume dans sa propre doctrine : le service consiste à mettre en relation des investisseurs et des porteurs de projets « en matière de financement d’entrepreneurs », sur des offres inférieures à 5M€ par projet sur 12 mois42. Financer des entrepreneurs. Pas organiser la revente de titres entre actionnaires.

Dans une opération secondaire, aucun entrepreneur n’est financé. Anthropic n’encaisse rien, ne demande rien, et n’a probablement jamais entendu parler de la plateforme qui vend ses actions à des Français par tranches de 300€. Qui est le porteur de projet dans cette histoire ? Si c’est Anthropic, elle porte un projet à son insu. Si c’est le SPV, alors le porteur de projet est une coquille créée pour l’occasion, dont le projet consiste à racheter les parts de quelqu’un qui sort.

Ce périmètre n’est pas une lecture personnelle. Les cabinets qui accompagnent les plateformes vers l’agrément le décrivent tous de la même façon depuis l’entrée en vigueur du texte : le règlement couvre la facilitation de prêts et le placement de titres émis par un porteur de projet ou par une entité ad hoc, sous un plafond de 5M€ par projet sur 12 mois, au-delà duquel un prospectus devient obligatoire43. Et le périmètre n’est pas décoratif : fournir un service de financement participatif sans l’agrément correspondant relève des articles L. 573-12 et suivants du code monétaire et financier, c’est-à-dire du pénal44.

Il prévoit quand même une exception, et elle est faite pour les startups. Faire entrer 300 personnes à 300€ directement à la table de capitalisation d’une société est ingérable, donc le texte autorise le SPV, ce véhicule qui les regroupe derrière une ligne unique. Mais il l’encadre par une condition : un seul actif non liquide ou indivisible par véhicule37. Un SPV, un actif. Et l’exigence s’apprécie par transparence, c’est-à-dire en regardant ce que détiennent les structures que ce SPV contrôle, pour éviter qu’un empilement de coquilles ne dilue la règle.

Toute la démonstration tient donc à 3 mots : actif non liquide.

L’ESMA a d’ailleurs précisé les critères et contours45. Un actif est non liquide quand il n’existe pas de marché organisé pour ce type d’actif, quand les transactions se font de gré à gré, quand aucune valeur n’est immédiatement disponible, et quand s’accorder sur un prix avec un acheteur demande du temps et de l’argent.

Une action Anthropic coche mal ces cases. Forge, Hiive et Caplight publient des prix sur ces titres, et le prix du SpaceX secondaire cité plus haut dans cet article vient précisément de là. Difficile de soutenir qu’aucune valeur n’est disponible pour une société dont le cours secondaire s’affiche au dollar près.

Certes. Ces prix sont indicatifs et non des cours, et une cession demande souvent l’accord de l’émetteur, qui peut la refuser. 2 critères penchent d’un côté, 2 de l’autre. La qualification est discutée par les praticiens depuis l’entrée en vigueur du texte, et je ne tranche pas à leur place.

Reste le second angle, celui du véhicule unique. Si le SPV proposé aux membres entre dans un SPV amont qui porte lui-même plusieurs lignes, comme dans la chaîne à 5 maillons décrite plus haut, l’approche par transparence fait tomber la règle du seul actif. Combien de véhicules, et que porte chacun ? Akka ne le publie nulle part.

Les autres acteurs passent par un PSI ou par une société de gestion, qui porte le risque et répond de l’opération. Akka opère sous son seul agrément PSFP. Et l’AMF a délivré cet agrément en connaissant le modèle, ce qui ne vaut pas quitus mais compte.

Thomas Rebaud précise que c’est une situation temporaire.

« On [va évoluer] vers d’autres licences, […] PSI notamment, mais la complexité réglementaire de tout cela est assez folle. C’est en réalité un mash up de différentes régulations que l’on doit passer pour faire exactement ce que l’on souhaite faire. »
Thomas Rebaud, à Zero Bullshit