À la mort de son père, Arnaud Lagardère, 42 ans, devient gérant en commandite du groupe Lagardère. Le « fils de » doit désormais se forger un nom. Si Bethy hérite de 25% de la fortune de Jean-Luc (soit 80M€)9, Arnaud récupère l’essentiel de l’empire… ainsi qu’un costume de dirigeant qui paraît bien trop grand pour lui.
Le jeune héritier reprend immédiatement les rênes du groupe avec ses propres priorités : les médias et le sport. Il cède les participations dans Renault ainsi que le reste des activités automobiles.
En 2005, il réalise l’un de ses rêves : intégrer le comité pour les Jeux Olympiques 2012 à Paris. Passionné de sport, Arnaud veut devenir une figure incontournable du secteur et multiplie les initiatives : marketing sportif, commercialisation d’hospitalité, sponsoring, etc.
Son père, grand fan d’équitation, s’était fait enterrer près de son haras. C’est lui qui avait poussé Lagardère à entrer au capital du Groupe Amaury, un empire des médias regroupant Le Parisien et L’Équipe, ainsi qu’Amaury Sport Organisation (ASO), organisateur du Tour de France (depuis 1947), du Dakar et du Paris-Nice.
Le problème ? ASO ne veut pas de Lagardère. L’interventionnisme d’Arnaud est régulièrement critiqué en interne. En 2010, lorsqu’il annonce vouloir étendre sa participation, ASO publie une déclaration publique cinglante :
Amaury Sport Organisation n’est pas à vendre
Après trois ans de négociations infructueuses avec Marie-Odile Amaury, Arnaud jette l’éponge en 2013 et se retire du groupe, qui rachète ses propres actions.10
Mais ce n’est pas le seul essai.
En 2006, Lagardère obtient une concession dans le Bois de Boulogne pour des installations jusqu’ici exploitées par le Racing Club de France. Ce coup est un choc pour le club, qui payait jusque-là un loyer dérisoire.
Lagardère en fait une club sportif de richer à 7000€ l’entrée et 2000€ l’année, uniquement sur cooptation. Il y loge en 2007 la Team Lagardère qu’il dote de 7M€ de budget par an, pour sponsoriser les tennismans Paul-Henri Matthieu et Richard Gasquet.
C’est un triple échec : sportif, financier et en comm’.