Vendredi 7 mars 2003. Tandis que Vivendi Universal annonce une perte record de 23,3G€, première étape médiatique de la chute de J2M4, la France se dresse comme l’une des rares nations à s’opposer à l’invasion de l’Irak voulue par les États-Unis. Un mois plus tôt, Dominique de Villepin prononçait son discours historique devant l’ONU.
Ce jeudi soir-là, la femme de Villepin, Marie-Laure, dîne chez Jean-Luc Lagardère en compagnie du couturier Emmanuel Ungaro et de Bethy, l’épouse de Jean-Luc. La discussion aborde brièvement l’opération à la hanche subie par le patron huit jours auparavant, à la Clinique du sport de Paris.
Le lendemain matin, Bethy retrouve Jean-Luc inconscient. Transporté en urgence à l’hôpital Lariboisière, il est placé en réanimation et meurt quelques jours plus tard. Si le médecin conclue à un cas très rare d’encéphalomyélite5, la famille penche plutôt pour une maladie neusocomiale contractée pendant son opération de la hanche6.
Une autopsie révèle une congestion cérébrale, et les services de police concluent à une mort naturelle.
Sauf que Jean-Louis Gergorin y voit un complot… Ce proche des services secrets français, notamment de la DST, via son ami Philippe Rondot, dont il a donné quelques coups de pouce à la carrière7. Gergorin est également très proches des socialistes, notamment de Mitterand, Debray ou encore Védrine.
Après la mort de Lagardère, Gergorin est tellement touché qu’il doit être interné pendant plusieurs semaines8. Quand il en ressort, il est convaincu d’une théorie qui ne le quittera plus : la mafia russe aurait assassiné Jean-Luc en empoisonnant son sang avec un staphylocoque, un procédé qu’elle aurait utilisé fréquemment à l’époque.