À ce moment précis, Jean-Luc prend deux décisions stratégiques majeures :
Le premier point est assez simple à comprendre. Quant au second, il suffit de savoir que SCA signifie « société en commandite par actions ».
L’avantage ? Les commandités conservent le contrôle de l’entreprise, même s’ils détiennent une minorité d’actions. Et dans ce cas précis, il n’y a que deux commandités : Jean-Luc Lagardère et Arjil (soit… Jean-Luc Lagardère), dont le successeur désigné est Arnaud Lagardère.
Dans le même temps, Matra Espace fusionne avec GEC Marconi pour donner naissance à Matra Marconi Space, une entité qui deviendra, dix ans plus tard, Aérospatiale Matra. Mais le point culminant de ce projet aéronautique arrive en 2000, lorsque Matra fusionne avec Aeronauticas et DaimlerChrysler Aerospace. Ensemble, ils donnent naissance au mastodonte européen de l’aviation, dont le premier objectif est la construction du plus gros avion du monde : l’A380. Ainsi naît EADS.
Jean-Luc place Jean-Louis Gergorin à la tête de cette nouvelle entité. Ancien du Conseil d’État, énarque, il a travaillé dix ans dans le secteur public avant de passer dans le privé. Adjoint de Thierry de Montbrial au ministère des Affaires étrangères, il a notamment offert l’un de ses premiers postes à Dominique de Villepin, futur Premier ministre, et y a rencontré Philippe Delmas, futur dirigeant d’Airbus.
Entré chez Matra en 1984, il est l’un des plus proches conseillers de Lagardère, et l’artisan du succès de l’entreprise, et des différentes fusions.
Il restera à la tête du groupe jusqu’en 2006, lorsqu’il doit démisionner en pleine afaire Clearstream 2, nouvelle embrouille entre EADS, Thales et Airbus (co-dirigé par Philippe Delmas), sous fonds de rivalité Nicolas Sarkozy et le susnommé Dominique de Villepin.