Les frasques d’Arnaud Lagardère commencent à agacer… et pas qu’un peu. Les actionnaires du groupe, confrontés à des résultats en chute libre, perdent patience.
Le 27 avril 2010, Guy Wyser-Pratte, un gérant de fonds américain né en France, conteste la structure en commandite et décide de prendre le contrôle du groupe. Le contexte est désastreux : le résultat net du groupe vient de chuter de 77 %, et sa valorisation a perdu 50 % en trois ans. Cet ancien marine, qui détient 0,53 % des parts, accuse publiquement l’héritier et propose deux résolutions lors de l’assemblée générale17 :
Arnaud, qui a hérité de 5,5 % du groupe et en détient alors 9,62 %, reste confiant mais doit passer ces résolutions au vote.18 Il mobilise tout son état-major, qui passe des jours à rallier des votants pour s’assurer de garder le contrôle. Plusieurs médias, dont Le Point, publient des portraits peu flatteurs de l’activisme d’Arnaud.
77% votent contre.19
Mais la situation financière ne s’améliore pas. D’autres activités suivent le même chemin, et les cessions à perte s’accumulent :
Le coup de grâce ? Lagardère abandonne le sport, qui tenait tant à cœur à Arnaud. Ce gouffre financier de plus d’un milliard est en partie cédé à HIG Capital, avec des activités comme Sportfive. Le groupe décide alors de se recentrer sur l’hospitality.
En coulisses, Arnaud reste toujours aussi contesté, autant au sein du groupe que parmi ses actionnaires.