💥 Zero Bullshit
Chapitre 04

Bilan de gestion

Puis se pose une dernière question. Comment ceux qui disent vouloir gérer la France, redresser les comptes publics et autres banalités qu’on raconte quand on n’est pas au pouvoir, gèrent leur propre parti ?

Pour ça, on peut commencer par regarder les 9 partis qui ont fait plus de 500K € de bénéfice. Et je dois bien avouer que c’est finalement assez surprenant. À noter, cela dit, que si le RN affiche un résultat à plus de 4,3 M€, il avait provisionné 2 M€ dans le cadre du procès qui a eu lieu en 2025 et qui a abouti à sa condamnation7. Mais ces comptes ultra bénéficiaires reflètent également la gestion mise en cause, et donc rien ne dit que cela perdurera.

Quant à ceux qui paument du pognon, j’avoue que c’est assez cocasse. Étonnamment, le PCF apparait, en partie à cause de son immense siège du XIXe, mais aussi à cause de son journal, L’Humanité, très déficitaire. Mais c’est surtout à la 1ère et 3e place qu’on a les plus grosses surprises : les deux partis qui ont le plus dominé la Ve République donc ultra déficitaires.

Selon un connaisseur de la vie politique, c’est principalement dû à la fin de l’extrême bipolarité. Jusqu’à la fin du mandat de Sarkozy, la France était dans une opposition très PS-LR. Le fameux UMPS popularisé un temps par le RN. Ce même RN qui est désormais parfaitement dans le système qu’il a longtemps dénigré. A ce système s’est également agrégé LFI (-308K€) puis Renaissance. Sauf que comme on l’a vu, ces partis sont très dépendants des aides. Le simple fait qu’elles soient redistribuées à plusieurs acteurs, et qu’ils aient moins d’élus, alors même que leur train de vie n’a quasiment pas bougé, les amène vers ce que connaissent toutes les entreprises : la faillite. Ce d’autant plus qu’en 2022, entre 4,78% pour Pécresse (LR) et 1,75% pour Hidalgo (PS), les partis ont connu une immense perte qu’ils sont encore en train d’éponger. Même si plusieurs cadres m’ont expliqué en off qu’en réalité, les adhérents en ont un peu marre de payer. Notamment depuis le fameux Sarkothon, suite à l’annulation des frais de campagne

On notera également le cocasse résultat de -724K€ pour le Rassemblement des contribuables français, dirigé par Nicolas Miguet, ex-poujadiste, plusieurs fois condamné par l’AMF après 4 comparutions8, interdit de gestion pendant 5 ans après une fraude fiscale et une faillite douteuse9, puis condamné pour manipulation de cours10. Ce qui ne l’empêche pas de dire que son parti « participe utilement à la prise de conscience nécessaire de la gravité de la situation de nos finances publiques. ». How ironic.

Mais si on retire ces fameuses aides publiques, sur lesquelles une bonne partie de ces partis tapent, le RN reste le seul qui dépasse 1M€ de bénéfice (2,1M€). Suivi de l’UDI (767K€), Reconquête! (492K€) et la Droite Sociale (474K€). Et on découvre que le parti qui dénonce l’assistanat sur tous les médias depuis des années afficherait lui un déficit de 22M€. Les aides représentent… 128% de ses recettes brutes. C’est 13% pour le RN et 0% pour tous les partis qui ne perdent pas l’argent à l’exception des amis du NPA (73%).