💥 Zero Bullshit
Chapitre 07

Les sentiers de la gloire

Alors que des Alsaciens se réunissent pour fonder la première caisse du Crédit Mutuel en 1882 l’Union générale, banque lyonnaise parmi les plus importantes en France, fait faillite. Sans que personne ne comprenne vraiment pourquoi (encore aujourd’hui) tous les marchés s’effondrent et amènent une longue récession de presque 10 ans. Un quart des courtiers font faillite et la bourse n’est sauvée que grâce à l’intervention de Banque de France.

De l’autre côté de la ville, Henri Germain, banquier et fondateur du Crédit Lyonnais échappe complètement à cette crise grâce à une doctrine qui portera son nom.

L’idée ? Encadrer tout ce petit monde, et de faire en sorte que les risques pris par les banques soient cantonnés à des filiales où il n’y a pas de dépôts. C’est le principe de séparation entre banque de dépôt et banque d’investissement, Rubicon que ne voulait pas franchir Frank Courtois. Germain souhaite également obliger les banques à garder une partie des liquidités déposées par les clients, ce qui deviendra la réserve obligatoire.

Cette réglementation ne plaît guère aux banques qui commencent à se gaver sur les dépôts. Mais sa réflexion sur une monnaie scripturale, purement comptable, qui permettait d’utiliser des guichets locaux pour collecter de l’épargne, et l’utiliser sans transfert physique, c’est une aubaine pour les grandes banques. Fondées loin du sud-ouest natal de Courtois, elles se développent rapidement et pour ouvrir des centaines de guichets à travers le territoire.

C’est aussi le début des grosses opérations de M&A. Le Comptoir national d'escompte de Paris (ancêtre de BNP) rachète coup sur coup Lafargue, concurrent bordelais, mais surtout Ozenne, concurrent toulousain direct.

Frank et ses fils sont clairvoyants et savent qu’ils n’ont que 3 options : mourir à cause de la concurrence, se faire racheter par la concurrence, ou trouver une niche de clients.

Ça sera la 3e solution : la gestion de fortunes.