Alors, on pourrait imaginer que cela permet de faire plaisir à tout le monde et de filer un petit coup de pouce aux copains. Mais il y a une vraie logique financière.
Pour participer à certains classements, ceux dans lesquels le gérant est sûr d’avoir une place, il faut payer. Ceux-là sont les plus rares. Le plus souvent, le classement est fait indépendamment des gérants. Ils sont invités à la remise des prix (ou reçoivent juste un PDF), et on leur remet alors… une plaquette commerciale pour utiliser le prix. Le montant diffère selon l’utilisation et le classement, mais varie entre 2’000 et 7’000 € selon des documents que j’ai pu consulter. Plusieurs chargés de marketing m’ont confié négocier ces tarifs, jusqu’à -50 %, de sorte à ce que personne ne semble payer la fourchette haute. Des dépenses qui sont particulièrement scrutées puisque c’est le gérant, et non la SCPI (ou le véhicule), qui paye le marketing.
Reste que, par exemple, La Française a payé son prix SCPI Bureau - Écoresponsable pour les Tops d’Or, afin de communiquer activement dessus, alors même que les évaluations étaient mauvaises, bien que la décision de baisse n’ait été prise qu’à l’été 2024.
Devant la recrudescence des prix et l’incapacité à déterminer leur intérêt, l’AMF a imposé une mention indiquant que ces macarons n’étaient pas des indicateurs fiables. Mais, sur la dizaine de brochures ou sites concernés, aucun ne l’affichait.
L’autre effet de bord, c’est que les gérants qui ne jouent pas le jeu tendent à disparaître les années suivantes. Une situation constatée pour au moins 4 SCPI, 1 SCI et 2 PER, dont la situation n’avait pourtant pas évolué négativement. Une information confirmée par un gérant :
« Nous on a décidé d’arrêter de payer... donc on en gagne de moins en moins ! »
Et de conclure : « Ça vous surprendra pas je pense ».
Effectivement, non.
D’autant que la bullshiterie des classements n’est pas l’apanage des produits financiers.