💥 Zero Bullshit
Chapitre 07

Cycle terminé

En décembre 2024, soit moins de 6 mois après le financement, un AJ est nommé pour rénégocier la dette avec les banques. Et deux mois après, le 27 février 2025, l’entreprise est officiellement en cessation de paiements et demande son placement en redressement judiciaire. Qui aurait pu prévoir que ce bridge n’aura servi à rien ?

Le jugement rendu le 5 mars 2025 par le Tribunal de Commerce révèle l'ampleur de la crise :

  • Un passif déclaré de 6,15M€ ;
  • Un actif déclaré de 7,4M€, dont la partie disponible est insuffisante pour couvrir les dettes exigibles ;
  • Une équipe réduite à 41 salariés, contre 50 en 2023 ;
  • Une date de cessation des paiements retenue au 18 février 2025, avec comme première dette non honorée, la TVA.

Le tribunal a placé l'entreprise en redressement judiciaire, fixant une période d'observation de deux mois pour évaluer sa viabilité.

Dans sa communication au tribunal, Daan identifie cinq causes principales à ses difficultés.

Ce constat officiel contraste violemment avec la communication de l'entreprise moins d'un an auparavant, lorsqu'elle présentait aux investisseurs particuliers un avenir radieux avec un triplement du chiffre d'affaires, le doublement des effectifs, l'ouverture de nouveaux marchés et la construction d'une usine de 8 000 m².

Mais cette reconnaissance soulève des questions éthiques majeures concernant la campagne de crowdfunding de juin 2024. Comment justifier d'avoir sollicité l'épargne de 821 particuliers, principalement des clients enthousiastes et non des investisseurs aguerris, en présentant des perspectives de croissance aussi optimistes, alors que moins d'un an plus tard l'entreprise se retrouve en cessation de paiements avec 6,15M€ de passif ? Le contraste entre la documentation détaillée mais complexe mentionnant les risques et la communication publique axée sur la réussite et l'avenir radieux pose question sur la transparence de l'opération.

Face à cette situation critique, Daan présente un plan de redressement articulé autour de trois axes principaux.

De quoi convaincre le juge, qui a estimé que l'entreprise conserve un potentiel de redressement, mais a clairement averti que, sans solution viable, une liquidation judiciaire pourrait être envisagée lors de la prochaine audience fixée au 7 mai 2025.