Les raisons de la chute sont multiples, et très éloignées de ce que Benotmane s’est évertué à raconter à l’époque, et qu’il continue à édulcorer. Il a simplement été, pendant quelques années, à la tête d’une petite PME dans les années 2010, qu’il n’a pas su gérer.
En 2021, Benotmane recrute un CEO passé par une chaîne de sushi dans l’espoir de relancer la marque : il reste alors moins d’une dizaine de restaurants. À lui, il ne parlera jamais de sa vente, qu’il racontait pourtant déjà dans plusieurs médias à l’époque, mais expliquera plutôt que ceux qu’il avait placés à la tête de l’entreprise quand il était à l’étranger ont fait n’importe quoi. Et qu’il faut tout reprendre de zéro.
Pendant plusieurs mois, le CEO va tenter de défendre la cessation de paiement, qu’il n’a toujours pas déclarée, alors que plusieurs fournisseurs tentent de la forcer au tribunal de commerce. Selon les sources et les périodes, les kebabs faisaient alors autour de 200 à 250K€ de chiffre d’affaires par mois, soit 2 à 3M€ par an (loin des 130M€ dont il s’est souvent vanté). Le problème, c’est que le besoin en fonds de roulement explose : à cause des retards, les fournisseurs ne veulent plus de paiements à 45 jours. Il faut donc payer au cul du camion. Voire d’avance.
Sauf que Benotmane a un énorme train de vie, entre voyages et voitures de luxe. Et ce sont les restaurants qui payent. Deux témoins, non liés entre eux et non concernés par la procédure, font état de retraits de liquide dans les caisses par Hakim ou sa famille. Ce que confirme un ex-cadre du groupe, qui évoque le problème lors des rapprochements de caisse.
Mais Benotmane imagine un autre axe de croissance : le M&A.