En 2018, Challenges estimait la fortune de la centaine d’héritiers Hermès à 137,8mds€2, un montant corrobors par Quartz3 et Bloomberg.4 L’organisation n’a quasiment pas changé l’IPO, et la famille est toujours aux commandes, tant à la direction que dans l’actionnariat.
Pour comprendre comment, il faut regarder l’organigramme de l’entreprise.56
Au sein du groupe, on retrouve les 3 grandes familles un peu partout, issues du mariage des trois filles.
Certains les nomment les flambeurs de la famille, voire les excentriques. Il faut dire que face à des Puech au protestantisme sobre à la manière des Seydoux, les Guerrand passent pour des originaux, avec un train de vie élevé et des dépenses parfois très voyantes. Au sein du groupe, on retrouve :
Ce statut dirigeant permet d’ailleurs à certains d’obtenir des actions gratuites.
En 2020, Wilfried, obtient 4’020 actions et Julie 1000. La même année, Olympia apporte 305’712 actions (210M€), la quasi-totalité des actions qu’elle possède, au capital d’une de ses sociétés au Luxembourg.
En 2021, il exerce une option puis vend pour 2.7M€ d’actions, puis exerce une seconde option en 2023 pour récupérer près de 4,5M€.
Cette année, Wilfried a à nouveau reçu pour 1’100 actions en mai dernier, qu’il a cédé en deux fois à ses quatre enfants : 275 par personne en mai (629K€ chacun), et 175 par personne en aout, qu’ils ont tous vendu lendemain pour 383K€. L’équivalent d’un million de notation par enfant rien que cette année.
Fin 2023, Wilfried Guerrand détenait 10’147 actions, qui valaient environ 20,5M€.7
C’est ici qu’on retrouve ceux qui pilotent les affaires depuis des décennies et qui, selon les autres familles, font en sorte d’évincer les autres des postes de directions. On y retrouve :
Tous héritiers de Jean-Louis Dumas, il partage sa même volonté de centralisation. Lui qui avait vu monter Patrick Guerrand, frère de Jérôme, dans le groupe, et a tout fait pour le sortir. Un gros chèque l’a fait finalement se retirer de la direction générale.
Alors que l’accord était prêt à être signé, Patrick a voulu faire amende honorable, en déclarant qu’il ne s’était jamais senti comme « son concurrent ». Et Jean-Louis de répondre :
« Tu as raison, nous ne boxons pas dans la même catégorie. »
Patrick a quitté la pièce, et l’accord a attendu des mois avant d’être signé.
C’est ce qu’on appelle une affaire de famille même si, contrairement aux Arnault, le triumvirat-des-familles n’est pas (ou très peu) dans les directions opérationnelles.