💥 Zero Bullshit
Chapitre 04

La guerre des boutons (de manchette)

Avec pas loin de 170mds€ dans le bousin familial, une centaine de membres, des familles de 3 à 6 enfants par génération, et une marque de premier plan, t’imagines bien que les repas de Noël doivent être un peu animés.

Parmi les habituels bordel familiaux, une tromperie que la famille a soigneusement caché et ignoré, jusqu’à ce que le fils adultérin ne se repende dans la presse.

Edmond, né en 1997.

Il est le fils d’Hubert Guerrand-Hermès et de Carol Anne Bundy, une galeriste newyorkaise. Né à Baltimore, comme sa mère, il a toujours été à l’écart d’Hermès et a été élevé par Carol. Ils habitent d’ailleurs toujours ensemble dans un bel immeuble du VIIe arrondissement quand ils sont à Paris, où réside également Xavier Guerrand-Hermès, le jumeau d’Hubert. Ou dans leur maison de Floride acheté par Hubert.

Hubert et Carol se sont rencontrés en 1991 par l’intermédiaire de Jonas Salk, biologiste qui a inventé le vaccin contre la polio. Attentionné dans sa double vie, Hubert a toujours voyagé avec Edmond, tout en couvrant Carol de vêtements et accessoires Hermès. Edmond fera d’ailleurs sa scolarité dans un prestigieux internat suisse, que le chah d’Iran, Joe Dassin ou Sean Lennon ont fréquenté avant lui.

Mais d’Hermès, Edmond n’aura que le nom que son père lui a légué. Si Hubert l’a reconnu, ce n’est pas le cas du reste de la famille, dont la seule évocation publique est l’avis de décès de son père en 2016.8

C’est à cette occasion qu’Edmond va voir la première fois les Hermès.

💄 Amour, gloire et beauté

Après les funérailles d’Hubert, au temple de l’Etoile, la fille légitime d’Hubert, Olympia, reçoit Edmond à l’hôtel de Lannion. Construit en 1754 par Jean Damun, architecte de nombreuses bâtisses de la capital, son entrée est pile en face du musée d’Orsay. Entièrement décoré François-Joseph Graf, il bénéficie aujourd’hui façade, plutôt classique, mais qui n’est pas d’origine, avec deux grands appartements de 100 et 184m2, et deux studios.

C’est la première fois que la demi-fratrie se rencontre. Tout se passe au fond de la cour, au sein des 860m² de l’hôtel particulier. Edmond récupère quelques effets personnels, dont des boutons de manchettes. Il espère pouvoir entrer doucement dans la famille, mais Olympia s’y fermement. Et surtout sa mère.

Parce que la femme légitime d’Hubert est Rosalinda Alvares Pereira de Melo. Fille aînée de Jaime Álvares Pereira de Melo, duc de Cadaval mort en 2001, elle a demandé le titre de duchesse de Cadaval-Hermès, qui lui a été accordé par Duarte Pio de Bragança. Ces membres de la maison de Bragance sont les prétendants au trône du Portugal… qui ne reconnait pas leur légitimité.

Cette histoire portugaise a son importance, parce que c’était la résidence fiscale d’Hubert depuis des années. Sauf que parmi les les objets récupérés par Edmond, il y a les agendas d’Hubert, qui tendent à montrer que cette résidence portugaise serait purement une optimisation fiscale, et qu’il passait son temps en France.

Mais derrière la possible fraude fiscale, qui a déjà alerté Bercy, se cache peut-être également une volonté de détourner l’héritage. Sur la fortune colossale de son père, Edmond aurait perçu entre 40 et 70M€ à l’époque. Rosalinda aurait notamment sorti un certain nombre d’actifs pour les planquer dans plusieurs trusts canadiens.

Quant à Olympia, elle a donc obtenu plus de 200K actions, les mêmes qu’elle a rappatrié dans sa boîte luxembourgeoise.

Après avoir quitté ses études à Columbia, Edmond a débuté une action pour obtenir sa part sur la succession estimée à 2mds€. Il a déjà refusé un chèque de 500M€, au sein d’un accord qui l’obligeait au passage à ne plus la ramener.

Entre temps, et sans doute par vengeance, Olympia a vendu la maison en Floride et aurait tenter de vendre l’appartement du VIIe, qui appartient désormais à Edmond et sa mère.

Edmond, lui, aimerait toujours intégrer le groupe Hermès.
Et surtout, la famille.