💥 Zero Bullshit
Chapitre 02

Une épargne, des livrets

Si tout le monde connaît le Livret A, il n’est pas seul dans la famille de l’épargne réglementée. Il partage l’affiche avec le Livret de Développement Durable et Solidaire (LDDS) et le Livret d’Épargne Populaire (LEP). Trois produits avec des profils différents, mais un point commun : des taux fixés par l’État et une absence de fiscalité.

  • Le Livret A, l’incontournable. Plafond de 22’950 €, taux actuel de 2,4%, exonéré d’impôts et de prélèvements sociaux. Il est détenu par 83% des Français et capte l’essentiel de l’épargne réglementée.
  • Le LDDS, la version verte et solidaire. Plafond à 12’000 €, même taux que le Livret A, et censé financer la transition énergétique. Mais avec seulement 36% de détenteurs, il reste en retrait.
  • Le LEP, réservé aux ménages modestes. Plafond de 10’000 €, taux à 6%, loin devant les autres livrets. Pourtant, il est boudé (ou sans doute mal compris) : seuls 50 % des foyers éligibles l’ont ouvert.

On pourrait aussi parler du Compte d’Épargne Logement (CEL), du Plan d’Épargne Logement (PEL), du Livret Jeune ou du Livret d’Épargne Entreprise (LEE), mais ces produits ont perdu en attractivité. L’épargne logement, en particulier, ne fait plus rêver : la collecte est en baisse depuis 2017, avec des taux qui peinent à dépasser 1%. Les montants étant négligeables, on va les mettre de côté pour aujourd’hui (et pour tous les autres jours où tu reliras, d’ailleurs).

En tout, plus de 500G€ dorment sur ces livrets, soit 14 % de l’épargne financière des ménages français, dont 400G€ rien que pour le Livret A et le LDDS. À lui seul, le Livret A représente le plus gros bas de laine des Français, avec plus de 55M de comptes ouverts. Enfin, si beaucoup de vendeur d’épargne disent que l’argent dort, puisqu’on la voit et qu’elle ne bouge pas, on verra qu’en réalité, c’est pas tout à faire le cas (mais quand même un peu, pour teaser).

Produit-phare de l’épargne de précaution, le Livret A a vu ses dépôts bondir en période de crise : +45G€ en 2020, en pleine pandémie, et déjà un pic en 2008-2009 après la crise financière. Son succès repose sur sa garantie d’État et son accessibilité… puisque concrètement, il fonctionne aujourd’hui de la même manière qu’un compte courant où l’on peut retirer et mettre immédiatement des fonds.